Category Archives: Les jeux vidéo

Comment être certain que vous n’allez pas payer tous les mois sur Moviestar Planet ?

Votre fille de huit ans ou votre fils de dix ans viennent de s’inscrire sur Moviestar Planet ? Très vite, ils vont vouloir devenir VIP et, donc, vous demander de payer (de 5 euros pour une semaine à 69,95 euros pour un an).

Attention à ne pas cocher l’option «Paiement récurrent» ! Si vous cochez cette case, votre carte de paiement sera débitée chaque semaine, chaque mois ou chaque année du montant correspondant.
Voici comment vous assurez que vous n’allez pas payer plusieurs fois (vous pouvez cliquer sur les photos pour les agrandir).

Demandez à votre enfant de se connecter à son compte. En haut, à droite, cliquez sur la roue dentée (Paramètres).

Une nouvelle fenêtre apparaît. Cliquez sur « Mes Paiements ».

Vous arrivez sur une nouvelle page. Si en face de la ligne « Paiement récurrent »apparaît la mention « Non », tout va bien…

Hier soir sur BFM.TV pour parler des jeux vidéo et des problèmes qu'ils peuvent poser chez les jeunes

J’ai participé hier soir sur BFM.TV à un débat sur les jeux vidéo dans le cadre de l’émission « Le Soir », présentée par Jean-Baptiste Boursier.

L’actualité était la tenue, porte de Versailles, à Paris, du salon Paris Games Week, organisé par le SELL (Syndicat des Editeurs de Logiciels de Loisirs).

Face à un représentant de l’industrie des jeux vidéo, David Neichel, président du  SELL (et président de l’éditeur Activision Blizzard)  et face à Julien Tellouck, animateur sur la chaîne Game One (groupe MTV), peu réputée pour son esprit critique envers l’industrie des jeux, j’ai rappelé :

• que le jeu vidéo est devenu la première industrie du loisirs dans le monde, devant le cinéma, et qu’elle emploie désormais des techniques marketing très sophistiquées pour séduire une cible toujours plus large, de 7 à 77 ans ;

• que le phénomène d’addiction existe bel et bien, même s’il s’agit de pratiques minoritaires. Lors du séminaire « Jeux vidéo : addiction ? Induction ? Régulation  » organisé par le CAS (le Centre d’Analyse Stratégique, une institution d’expertise et d’aide à la décision placée auprès du Premier ministre) en novembre 2010 et auquel j’avais assisté, le Docteur Marc Valeur, psychiatre et médecin-chef de l’hôpital Marmottan (une structure publique de soins pour toxicomanes), avait rappelé qu’il ne peut pas y avoir de définition clinique possible de l’addiction.

Il ne peut que constater qu’une personne vient le consulter en lui disant qu’elle veut réduire sa conduite, mais qu’elle n’y parvient pas seule. «Cela me suffit comme définition et cela me suffit pour légitimer mon action thérapeutique, avait-il précisé. C’est la souffrance des personnes concernées qui légitime notre action ; c’est cette souffrance qui définie l’addiction elle-même.»

Entre 2005 et 2010, l’hôpital Marmottant avait reçu 247 joueurs de jeux vidéo. «Ils jouent tous à un fameux MMORPG* : World of Warcraft, avait détaillé le Dr Marc Valleur. Pour ces personnes-là, l’addiction existe : elles veulent réduire leur utilisation.»

Sur ce sujet de la dépendance aux jeux vidéo, le Dr Marc Valleur m’avait accordé le 14 juin 2007 un long entretien dans le cadre de la préparation de mon enquête Les 90 questions que tous les parents se posent…

Vous pouvez en retrouver sept extraits vidéo de une à trois minutes, dans lesquels le Dr Marc Valleur nous présente les trois facteurs de la dépendance :
1 les jeux massivements multi-joueurs,
Un jeu massivement multi-joueurs en ligne, c’est quoi ?
2 un environnement familial tendu,
L’impact de l’environnement familial sur les joueurs
3 l’entrée dans l’âge adulte,
L’adolescence, période charnière
Puis, il nous explique pourquoi ces jeunes s’attachent aux jeux massivement multi-joueurs,
L’attrait que les jeux massivement multi-joueurs exercent sur les jeunes
Enfin, il nous donne quelques conseils pratiques :
• comment savoir si mon enfant est devenu dépendant aux jeux vidéo :
Comment savoir si mon enfant est « addict » aux jeux vidéo ?
• et que faire si l’on croit que son enfant est devenu dépendant aux jeux vidéo :
Que faire si l’on croit que son enfant a développé une addiction aux jeux vidéo ?
Pour visionner ces vidéos, vous devez disposer du logiciel QuickTime.
Si besoin, vous pouvez le télécharger sur http://www.support.apple.com/downloads/#quicktime

• que les jeux vidéo sont tous extrêmement chronophages et que leur pratique se fait souvent, chez les jeunes, au détriment d’autres activités indispensables à l’apprentissage de la vie en société.

• que l’industrie du jeu vidéo est quelque peu hypocrite en mettant en avant la signalétique Pegi pour les jeux vidéo,  entrée en vigueur en mai 2003. Inspirée du «rating» (classement) mis en place, dès 1994, par l’industrie américaine des jeux vidéo, elle informe les acheteurs du contenu de ces logiciels. Elle comprend un logo, décrivant à partir de quel âge un enfant peut utiliser ces programmes informatiques, et une fiche détaillant les dialogues et les images (langage grossier, scène de nudité, consommation d’alcool, de drogue…). Et, normalement, un magasin de jeux vidéo ne devrait pas accepter qu’un enfant achète un jeu qui, au vu de cette classification, n’est pas de son âge.


La réalité est que les éditeurs de jeux vidéo ont préféré prendre les devants avant qu’une loi, plus contraignante, ne leur impose une classification extérieure. De toutes façons, ils savent très bien que cette classification sera bientôt caduque : dans quelques années, plus personne, en effet, n’achètera de CD-Rom en magasin. Les jeux seront uniquement téléchargeables sur Internet, ce qui laissera la porte ouverte à tous les abus…

Enfin, avec cette classification, les éditeurs de jeux se lavent les mains de tout problème qui pourrait survenir avec leurs produits : la responsabilité du contrôle du contenu des jeux revient désormais aux parents, que les éditeurs estiment suffisamment avertir, avec cette classification, de la violence ou du « sexe » que peuvent receler leurs jeux.

Massively multiplayer online role-playing game»ou «jeu de rôle en ligne massivement multijoueu : jeu en ligne auquel peuvent jouer des personnes du monde entier et dans lequel il interprètent un rôle ; la partie ne s’arrête jamais…

Télé, ordi, jeux vidéo… : conseils pour les enfants du primaire

Je suis intervenu la semaine dernière à Modane (73), à la demande du CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) et de la mairie de cette ville, sur le thème du bon usage des écrans : le jeudi dans la journée devant tous les collégiens et, le soir, devant les parents, les enseignants et les éducateurs ; le vendredi matin devant tous les élèves du primaire.

Les écrans peuvent constituer de formidables « fenêtres sur le monde ». Mais peuvent aussi poser un certain nombre de problèmes. Il faut en avoir conscience pour pouvoir, dès que possible, entamer un dialogue constructif avec ses enfants et prendre quelques mesures préventives.

Plusieurs professeurs des écoles m’ont demandé de publier les conseils que j’ai proposés pour les enfants de CP, CE1, CE2, CM1 et CM2, afin de pouvoir ensuite transmettre cette liste aux parents. La voici :

• pas d’ordinateur, de console de jeux ou de télévision dans les chambres des enfants. L’écran, quel qu’il soit, doit être dans une pièce commune où les parents peuvent voir ce qui se passe et réguler l’utilisation par les enfants ;

• l’idéal, à cet âge, est moins d’une heure – si possible une demi-heure – d’écrans (ordinateur ou jeux vidéo ou télévision) au total par jour ; les enfants du primaire doivent jouer, faire du sport, lire, se promener…

• votre enfant dit qu’il s’ennuie et réclame de pouvoir regarder la télévision ? Laissez-le seul quelques minutes et vous aurez la bonne surprise de le voir faire fonctionner son imagination pour trouver une occupation…

• pas d’écran (ordinateur, jeux vidéo, télévision…) le matin avant l’école ou le soir après le dîner. Les enfants sont très sensibles à l’énergie qui se dégage des images (enchaînement rapide des séquences, bande sonore plus forte, dispute entre les personnages d’un dessin animé…), l’emmagasinent et se retrouvent excités au début des cours ou au moment de s’endormir.

• ne laissez pas seul un enfant devant un écran : on ne sait pas ce qui peut lui faire peur. Par exemple, une scène qui nous semble tout à fait banale dans un dessin animé peut lui rappeler un mauvais souvenir et provoquer une forte émotion chez lui. Si un adulte ne se trouve pas à proximité, l’enfant ne pourra pas évacuer ses sentiments par la parole.

• respecter les pictogrammes et le bon sens ! Le CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) a mis au point une classification pour indiquer si telle ou telle émission est visible par des enfants de tel ou tel âge. La classification PEGI propose des jeux vidéo adaptés à tel ou tel âge. Enfin, à titre personnel, j’estime que les enfants de moins de 11 ans ne disposent pas de la maturité intellectuelle et affective nécessaire pour regarder les journaux télévisés.

• prévenez vos enfants qu’ils peuvent rencontrer des contenus qui les mettront « mal à l’aise ». Que cela peut arriver à n’importe qui, que ce ne sera pas de leur faute et qu’ils ne doivent surtout pas hésiter à en parler à un adulte (parent, grand parent, enseignant…), là encore pour qu’ils puissent se libérer par la parole.

• enfin, n’oubliez pas de mettre en garde vos enfants contre la publicité. Par exemple, en les prévenant que « la publicité veut te faire croire que tu as besoin de cet objet pour être heureux, alors que ce n’est pas vrai. »

Ces conseils sont une synthèse des recommandations recueillies auprès des spécialistes (psychiatres, pédopsychiatres, sociologues, spécialistes des images…) interrogés lors de la rédaction de mes ouvrages consacrés à l’impact des écrans sur les enfants et parus aux éditions Télémaque :

Les enfants face aux écrans

Les 90 questions que tous les parents se posent : Internet, téléphone mobile, jeux vidéo

Copyright 2013 Jacques Henno – Toute reproduction interdite sans l’autorisation de l’auteur

Comment Zynga pousse nos ados à jouer toujours plus sur Facebook

Ferme dans Farmville

Jeu Farmville

J’ai publié ce matin un article dans le quotidien Les Echos sur les astuces marketing que la société Zynga, basée à San Francisco, utilise pour nous faire jouer aux multiples jeux (Farmville, Cityville, MafiaWars…) qu’elle propose sur le réseau social Facebook : « L’éditeur du jeu Farmville ne veut pas s’arrêter de croître »

L’addiction aux jeux vidéo

L’addiction aux jeux vidéo est un sujet qui revient régulièrement dans la presse.

La vraie addiction (le joueur a conscience que sa pratique des jeux vidéo est un problème – elle a considérablement modifié sa vie sociale – mais il n’arrive pas, tout seul, à diminuer cette pratique) aux jeux vidéo est extrêmement rare.

Voici sept extraits vidéo de l’entretien que le Dr Marc Valleur, psychiatre, directeur de l’Hôpital Marmottan, à Paris, spécialiste des problèmes de dépendance, m’avait accordé le 14 juin 2007, dans le cadre de la préparation de mon livre Les 90 questions que tous les parents se posent…

Dans ces petits films de une à trois minutes, le Dr Marc Valleur nous parle de l’addiction aux jeux vidéo.

Il nous présente les trois facteurs de la dépendance :

1 les jeux massivements multi-joueurs,

Un jeu massivement multi-joueurs en ligne, c’est quoi ?

2 un environnement familial tendu,

L’impact de l’environnement familial sur les joueurs

3 l’entrée dans l’âge adulte,

L’adolescence, période charnière

Puis, il nous explique pourquoi ces jeunes s’attachent aux jeux massivement multi-joueurs,

L’attrait que les jeux massivement multi-joueurs exercent sur les jeunes

Enfin, il nous donne quelques conseils pratiques :

• comment savoir si mon enfant est devenu dépendant aux jeux vidéo :

Comment savoir si mon enfant est « addict » aux jeux vidéo ?

• et que faire si l’on croit que son enfant est devenu dépendant aux jeux vidéo :

Que faire si l’on croit que son enfant a développé une addiction aux jeux vidéo ?

Pour visionner ces vidéos, vous devez disposer du logiciel QuickTime.

Si besoin, vous pouvez le télécharger sur www.apple.com/quicktime/download

Interviewé sur LCI Radio sur le thème «Jeunes et nouvelles technologies!»

L’équipe de TFou d’Actu, une émission diffusée sur LCI Radio, m’a demandé de venir discuter avec des enfants de leurs utilisations des jeux vidéo, d’Internet, du téléphone portable.

Dans une ambiance très sympathique, j’ai glissé quelques conseils pour les parents…

Vous pouvez réécouter cet enregistrement et le télécharger en podcast sur :

http://lci.tf1.fr/lci-radio/tfou-dactu/tfou-d-actu-jeunes-et-nouvelles-technologies-6081973.html

Five years of commitment to improve kids’ Digital and Screen Literacy

One of the topics I cover with great interest, as a journalist and as the father of two sons and a daughter, is « children and the digital worlds ».

The Digital Worlds can bring content of great value to the lives of our kids. For example, the Internet provides immense quantities of useful information.

But the Digital Worlds, as the mirrors of human activities in the real world, can be the places of unwanted encounters. A child who isn’t seeking objectionable content can come across it inadvertently or someone may deliberately force such content upon him.

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That is the reason why I published a book in 2004 entitled « Children in front of the screens: pornography, the real violence », with a preface by Dr. Aldo Naouri, a famous French pediatrician.

After this publication, I was part of the French Government’s Interdepartmental Working group on Internet and Kids’ Safety, in 2005.The written contribution I prepared within the framework of this working group was: « Filtering software and parental control: an incentive for the development of 100% reliable products ».

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In December 2006, I sent a letter to the 577 French MPs asking for a better protection of children online. After reading my mail, four MPs immediately requested clarification from the Head of the French Department in charge of Family Policy (ministre de la Famille).

In January 2007, I gave a lecture before the Head of the French Department in charge of Youth and Sports (ministre de la Jeunesse et des Sports): « Is there an impact of pornography on young people? « .

In June 2007, I submitted various proposals for a safer Internet to the Unit E-6 (eContent and Safer Internet) of the Directorate-General for Information Society and Media of the European Commission.

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In January 2008, I published a book entitled « The 90 questions all parents are asking themselves about mobile phones,the Internet, video games… » to help families with the uses of online technologies by children (see http://www.nosenfants.fr – it’s in French, sorry!). As far as I’m aware of, this book is unique in France: it is the only one to address all aspects of new technologies and to give parents easy to implement pieces of advice.

In this book, I raise, among other issues, a problem that concerns all families, worldwide: the control tools currently available to families are not powerful enough.

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In July 2008, I created a Linkedin group about kid’s safety in the digital worlds (see http://www.kids-safety-in-the-digital-worlds.com/).

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In August 2008, I met with an adviser of the Head of the French Department in charge of Family Policy (ministre de la Famille) to ask for a better protection of children online.

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In March 2009, I met with a French MP to ask for a better protection against overtaxed SMS: in France, adolescents are easily misled by television, ads on TV, radio or in newspapers, which propose them to send overtaxed SMS from their mobile phones to support their preferred candidates, to buy new ringtones or to know the names of their next gril/boy friends.
As the legal information (cost of service, number of SMS messages to send…) are running very fast or written in so small letters that they are barely readable, adolescents do not realize what they spend: until € 3 surcharge per SMS (plus SMS cost charged by their mobile operators).

These services represent a real windfall for the publishers and for the mobile operators (in 2008, they have received more than 261 million euros) and important expenses for families.

I want French MPs to force mobile operators to offer families a free option to block the sending of overtaxed SMS.

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In March 2009, I created a Linkedin group about Digital and Screen Literacy for Children (see http://www.digital-literacy.info ).

Digital and Screen Literacy is the ability to use new technologies (computer, mobile phone, the Internet, video games, virtual worlds…) to locate, organize, understand, evaluate or create information and videos.

Digital and Screen literate children will be able to communicate and work more efficiently on the Internet and in a world of screens.

I was drawn to digital and screen literacy from watching children: when they use a search engine to find information on the Web, the first results they look at are the links containing videos, then the ones with pictures; the ones which are text only are looked at last. And when they are as young as eight or nine years old, they make videos, which they upload on Youtube.

That’s just the beginning. Everywhere we look, we see screens. Digital-display manufacturers produce one new screen each year for every human on earth. With the advent of electronic ink, screens will be on any flat surface. The tools (cameras, softwares…) for screen fluency will be built directly into these ubiquitous screens.

Our children need to be prepared for a new culture: new distribution-and-display technologies are pushing books aside and catapulting images to the center of the culture.

Digital and screen literacy should be defined as teaching children to communicate visually but also to be skeptical about sources of information online. The goal is no less than defining education in the digital and screen age.

Children will have to be screen fluent. They will communicate not just with words, but also visually. They need to master the tools of creation (megapixel phone cameras, Photoshop, iMovie), which are quickly reducing the effort needed to create moving images. The ease of making video now approaches the ease of writing.

Children will have to view media critically, in order to defend themselves against the powers of advertising, manipulation, and political persuasion… In an increasingly visual world, anyone with a laptop, Web connection and camera can be a producer of media. As moving images become easier to create, easier to store, easier to annotate and easier to combine into complex narratives, they also become easier to be manipulated by the audience. Children need to understand how what they see and watch is created (and can be manipulated) as much as they need to understand plain old reading, writing and arithmetic.

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At the invitation of parents associations, local administrations, associations for the defense of children and social organizations, I have given about seventy lectures for the parents on the theme of children and the new technologies.

Jeux vidéo : oui, mais sans excès !

La pratique de ces loisirs numériques n’est pas mauvaise en soi, mais peut donner lieu à un certain nombre de dérives. Elle doit être sérieusement encadrée par les parents.

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Le jeu vidéo est devenu un phénomène de masse, qui touche non seulement les enfants (en France, la quasi-totalité des moins de 18 ans y joue*), mais aussi les adultes : l’âge moyen des joueurs est désormais de 31 ans**. Autant dire que cette année les Wii fit, Mario, Rayman, Call of Duty et autres GTA se sont accumulés sous le sapin de Noël. Sans parler des équipements (consoles, manettes, volants, planches de surf interactive…) indispensables pour s’y adonner.

Mais l’engouement des enfants pour ces loisirs numériques inquiète de nombreux parents. Les industriels, les associations de protection des enfants et les pouvoirs publics ont d’ailleurs inauguré mi-décembre un site d’information sur le sujet (www.pedagojeux.fr). Une initiative qui va dans le bon sens, même si le contenu du site est encore peu développé et, surtout, extrêmement consensuel (la plus grande partie de son financement provient des éditeurs de jeux et de leur syndicat). Les questions que les mères et les pères se posent le plus souvent sont : mon enfant peut-il se passer des jeux vidéo ? les jeux vidéo violents rendent-ils violents ? un mineur peut-il devenir accro ? combien cela coûte-t-il (voir l’encadré sur les jeux gratuits en ligne) ?

Sur la nécessité – ou non – d’acheter un jeu, il est clair que les jeux vidéo ne sont pas indispensables à l’éducation d’un enfant. Mieux vaut donc retarder le plus tard possible l’arrivée de ces compagnons électroniques dans la maison. L’enfant sera moins tenté d’y consacrer beaucoup de temps, au détriment des devoirs, de la lecture, des sorties en famille ou de… l’ennui (un enfant qui s’ennuie fait fonctionner son imagination).

Cela dit, les jeux vidéo ne sont pas sans intérêt : la plupart des spécialistes s’accordent pour dire qu’ils développent les réflexes, ainsi que le sens de l’orientation. Ils permettent aussi à certains adolescents de retrouver une confiance en soi et, paradoxalement, de développer des moments de convivialité (le jeu est un sujet de conversation ou l’occasion de retrouver dans « la vraie vie » d’autres joueurs rencontrés en ligne).

Mais à condition que cette pratique soit fermement encadrée. La console de jeu ou l’ordinateur doivent être placés dans une salle commune sous la surveillance des parents. Ceux-ci doivent soigneusement vérifier les jeux qui entrent à la maison. Au dos de chaque boîtier figure une série de petits dessins qui indiquent l’âge recommandé pour le jeu et le contenu de celui-ci (violence, grossièreté, drogue, sexe…). Cette classification, dite Pegi (www.pegi.info/fr/), a été mise au point par les éditeurs, à destination des parents. Attention, cela n’empêche pas certains enfants de dissimuler à l’intérieur de la jaquette d’un jeu pour tous âges le DVD d’un jeu hyper violent !
Sur le problème de la violence, justement, la plupart des pédopsychiatres interrogés pensent qu’il n’existe pas de lien de cause à effet direct entre jeux vidéo violents et comportements violents. Mais tous soulignent que cette catégorie de jeux peut émousser la sensibilité des individus.

Reste l’addiction aux jeux vidéo. Elle concernerait plus les jeunes adultes que les mineurs. Cependant, les établissements spécialisés dans l’addiction, comme l’hôpital Marmottan à Paris (www.hopital-marmottan.fr/), reçoivent chaque année quelques adolescents, devenus accros aux jeux massivement multi joueurs, comme le célèbre World of Warcraft. Là encore le rôle des parents est primordial : ils doivent imposer des limites sur la fréquence et la durée du jeu, en fonction du profil de chaque enfant. Et ne pas hésiter à consulter s’ils constatent que le comportement social (chute des résultats scolaires, refus de sortir en famille ou avec des amis) de leur ado a changé depuis qu’il joue beaucoup !

Jacques Henno
(article paru dans Famille Chrétienne le 29 janvier 2009)

Sources :
*sondage Ipsos DIF (Délégation Interministérielle à la Famille)
** Sell (Syndicat des Editeurs de Logiciels de Loisirs)

Dofus et Habbo : deux jeux en ligne à déconseiller aux moins de 12 ans

Les jeux en ligne gratuits constituent un business très rentable en France. 6,5 millions de Français auraient joué au moins une fois à l’univers fantastique Dofus, qui comporte une partie gratuite accessible sans limites ; et 7,5 millions de Français se sont déjà rendus dans la communauté virtuelle Habbo, dont l’accès est entièrement gratuit. Côté revenus, Dofus compterait près d’un million d’abonnés dans l’Hexagone, qui paient entre 1,80 euro par semaine et 48 euros par an. Et Habbo France drainerait 50 000 joueurs qui chaque mois dépenseraient en moyenne 10 euros en meubles virtuels. Résultat, cette petite entreprise de 15 personnes aurait enregistré en 2008 un chiffre d’affaires de 6 millions d’euros, constitué à 95% par la vente de mobilier virtuel et à 5% par la publicité.
Autant dire que les deux maisons-mères de ces jeux, Ankama pour Dofus et Sulake France pour Habbo France, ne sont pas pauvres… Pourtant, de nombreux parents trouvent que les mesures de protection proposées par ces deux entreprises ne sont pas à la hauteur de leur fortune. Beaucoup de familles se plaignent en effet de l’insécurité qui régnerait dans ces jeux, fréquentés par des 14/15 ans, voire des enfants beaucoup plus jeunes. « Mes garçons ont souvent été approchés par des adultes sur Dofus, affirme une mère de trois enfants. Comme c’est gratuit et facile à jouer, n’importe qui peut s’inscrire et utiliser le tchat pour entrer en contact avec des mineurs. »
Normalement, ces jeux en ligne ne sont pas recommandés pour les moins de 12 ans. Sur Dofus, cette précaution élémentaire est simplement indiquée au moyen d’un petit pictogramme + 12 situé tout en bas à gauche de la page d’accueil, mais rien n’empêche un enfant de dix ans de créer son compte (Dofus demande bien la date de naissance, mais cela ne sert apparemment à rien : nous avons indiqué 1998 comme année de naissance et notre compte a été créé !). Habbo semble plus vigilant, puisque ce jeu demande aux nouveaux inscrits de préciser leur date de naissance ; les moins de 13 ans sont systématiquement rejetés. Mais rien n’empêche un enfant plus jeune d’indiquer une fausse année de naissance. La porte ouverte à tous les abus ?
« Sur Habbo, il y a effectivement quelques dossiers judiciaires : des enquêteurs ont déjà dû faire des réquisitions à la société qui gère Habbo, confirme un haut gradé des services de police français. Sur Dofus, il y aurait surtout des problèmes de « piratage » de comptes, mais ça permettrait éventuellement de rentrer en contact avec les jeunes qui sont les amis des détenteurs normaux des comptes. Et il y aurait également des vols de gains obtenus sur le jeu. »
Les éditeurs, cependant, nient être au courant de toute affaire de pédophile. « A ma connaissance, il n’y a eu aucun cas de pédophilie en huit ans chez Habbo dans le monde », a affirmé, il y a quelques jours, à Vnunet.fr Jean-Baptiste Géraud, alors responsable de Sulake France (il a depuis pris la tête d’un hôtel 3 étoiles – un vrai celui-ci – à Paris !). « Nous ne déplorons aucun incident grave, commente de son côté Thomas Bahon, directeur des produits chez Ankama. Il y a bien eu quelques insultes à caractère sexuel, mais plutôt entre mineurs. »
Habbo France affirme qu’un modérateur, salarié, est présent 24 heures sur 24 et sept jours sur sept sur la partie française du jeu. « Nous en employons sept à plein temps, voire en heures supplémentaires. » Le modérateur se promène dans les salles et intervient en cas de problème signalé par les joueurs. Un système l’alerte également lorsqu’une conversation se noue entre seulement deux personnes. « Nous pensons que si un prédateur se rendait sur Habbo, il irait d’abord dans une salle pour repérer une victime potentielle, puis tenterait de l’attirer dans une autre salle pour être seul avec elle et essayer de l’amadouer », explique Jean-Baptiste Géraud.
Chez Ankama, on n’aime pas trop parler de tout cela : « Il est vrai que n’importe qui peut entrer sur le tchat, reconnaît Thomas Bahon. Mais nous avons mis en place un filtre lexical susceptible de censurer des propos inappropriés rédigés en langage clair. De plus, les joueurs ont la possibilité de bloquer un contact qui les importune. Enfin, 12 community and content managers, salariés, animent et modèrent le jeu, tandis que 30 modérateurs bénévoles se relaient sur le forum et 50 modérateurs bénévoles tournent sur le jeu. »
En revanche, les deux entreprises reconnaissent des problèmes de contestation de paiement. « En 2007, nous avons reçu une centaine de contestation de paiements par carte bancaire, représentant un total de 10 000 euros, admet Jean-Baptiste Géraud. A chaque fois, nous avons bien sûr collaboré avec la police ; il s’agissait presque toujours d’un ado qui avait usurpé la carte bancaire de ses parents. »
Chez Ankama, on a également pris conscience d’un problème de communication avec les parents. « Nous avons bien conscience que nous ne sommes pas encore au top pour aider les parents, reconnaissait Florence di Ruocco, chargée de communication chez Ankama, lors du colloque « Générationsbranchées@lienoudépendance » organisé à Lille par l’Ecole des Grands-Parents Européens Nord. Nous sommes prêts à mettre à la disposition des parents de nouveaux outils pour qu’ils assument leur rôle ».
L’entreprise serait à la recherche de développeurs Web pour mettre en place de nouvelles mesures de protection des mineurs. « A partir de janvier, pour les nouveaux comptes qui vont se créer, nous allons récupérer l’email des parents, afin que ceux-ci puissent être en copie des emails échangés entre le mineur et Ankama, au sujet des achats et de la modération », révèle à Vnunet.fr Thomas Bahon.
Autres pistes explorées : envoyer un email aux parents pour les informer du temps passé sur le jeu par leurs mineurs ; autoriser les parents à activer des alertes dans le jeu au-delà d’un certain temps (2H par exemple) passé dans le jeu, afin de prévenir les risques d’addiction ; permettre aux parents d’offrir à l’enfant une récompense sous la forme d’un bonus dans le jeu si l’enfant a eu de bons résultats à l’école. Il parait qu’un accord de ce type aurait déjà été passé entre le ministère de l’Education de Corée du Sud et le jeu Ragnarök.

Jacques Henno
(article paru sur Vnunet.fr le 23 décembre 2008)