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Pourquoi Fortnite fascine les ados ?

Votre enfant veut gagner des millions… à Fortnite en devenant joueur professionnel ? Ou passe tout simplement trop de temps sur ce jeu ? Voici quelques arguments pour l’en dissuader…

Des fans du jeu déguisés en personnages de Fortnite
 Creative Commons – Sergey Galyonkin – https://galyonkin.com – Partage dans les mêmes Conditions 2.0 Générique (CC BY-SA 2.0)

Qu’est-ce que Fortnite ? 

Il existe en fait trois jeux Fortnite, mais le plus populaire est Fortnite Battle Royal, joué, à un moment ou un autre, par 250 millions de personnes à travers le monde, depuis son lancement en décembre 2017. Il a la particularité d’être joué par des joueurs plus jeunes et plus de filles que la plupart des autres jeux vidéo.

Fortnite est un jeu vidéo en ligne, multijoueur et avec « vue à la troisième personne » (le joueur voit le jeu à travers une caméra placée derrière ou à côté de lui ; c’est un peu moins stressant que les jeux de tir « à la première personne » où le joueur voit le jeu à travers ses propres yeux).

Il est disponible pour la plupart des ordinateurs, des smartphones et des consoles de jeu.

Le scénario est assez basique : les joueurs sont parachutés quelque part dans un univers qui va se rétrécir, ce qui les oblige à se rencontrer et s’éliminer par armes virtuelles.

Jusqu’à cent joueurs peuvent s’affronter. Ils peuvent jouer seuls ou par équipe de 2 à 4. Le jeu se termine lorsqu’il ne reste plus qu’une équipe ou un seul joueur. Les parties durent en moyenne une vingtaine de minutes.

Pourquoi ce jeu est-il aussi populaire  ?

Comme une seule équipe ou un seul joueur gagne, tous ceux qui ont perdu veulent immédiatement jouer la revanche. Le jeu peut alors devenir addictif.

Le jeu de base est gratuit. Les joueurs peuvent cependant acheter des skins (personnalisations de l’apparence du joueur) ou des pouvoirs. 

L’environnement ressemble à celui d’un dessin animé, avec peu d’images « sanguinolentes ».

La décontraction est de mise : l’ambiance est plutôt bon enfant et les joueurs peuvent exprimer leurs sentiments, par exemple en dansant (la danse “Take the L(oss)” a été popularisée par Antoine Griezmann sur les terrains de foot)

Le jeu fonctionne par « saisons » : une nouvelle version du jeu sort tous les deux ou trois mois, ce qui renouvelle l’intérêt pour le jeu.

Il est très populaire sur les réseaux sociaux, car certaines célébrités y jouent.

Les équipes marketing d’Epic Games, l’éditeur du jeu, ont noué des accords commerciaux avec de grandes marques : il existe une version Fortnite du célèbre Monopoly ; dans une version temporaire de Fortnite, les joueurs pouvaient accéder à des armes appartenant aux super-héros des films de la série Avengers, comme le marteau de Thor ou les « Répulseurs » d’Iron Man…

Epic Games crée régulièrement des événements autour du jeu. Son plus beau « coup » étant l’organisation d’une compétition mondiale, la Fortnite World Cup, les 27 et 28 juillet 2019, à Flushing Meadows (New-York, États-Unis). Environ 40 millions de joueurs ont participé aux éliminatoires. Fortnite aurait vendu plus de 19 000 billets entre 50 et 150 dollars (soit quelque 19 millions de dollars de recettes, de quoi couvrir une partie des 36 millions distribués aux vainqueurs des différentes compétitions). Et  le nombre de téléspectateurs, en simultané sur YouTube et Twitch (1) a atteint les 2,3 millions (2). 

Que dire aux enfants ?

Il ne faut surtout pas rabaisser les pré-ados et les ados qui se passionnent pour Fortnite en leur disant qu’ils perdent leur temps dans une activité stupide. 

Il semble plus efficace de s’intéresser à leur passion, de leur demander ce qui les attire (le jeu en lui-même, le fait d’affronter d’autres personnes…), de faire éventuellement équipe avec eux lors d’une partie… 

Votre enfant sera flatté que vous vous intéressiez à son activité favorite du moment et vous saurez dorénavant de quoi vous parlerez lorsque vous discuterez de Fortnite avec lui…

Au cours de ces dialogues, l’idéal serait de faire comprendre petit à petit à votre ado que Fortnite est surtout une affaire de gros sous (en 2018, le jeu a rapporté 2,4 milliards de dollars – 2,16 milliards d’euros – à son éditeur).

Votre enfant veut devenir joueur professionnel ?

Pourquoi pas 😉 Mais pour beaucoup d’appelés (250 millions de joueurs…), il y aura très peu d‘élus : quelques dizaines de joueurs se sont partagés les 36 millions de dollars distribués lors de la coupe du monde 2019. Par sécurité, votre enfant ferait mieux d’assurer ses arrières en travaillant bien au collège ou au lycée, afin de pouvoir faire des études supérieures, au cas où sa carrière de joueur tourne court.

Elle risque de tourner d’autant plus court que l’engouement pour Fortnite va forcément retomber un jour ou l’autre, au profit d’un nouveau jeu…

S’il veut être sûr de gagner de l’argent avec les jeux vidéo, il ferait mieux de faire des études lui permettant d’entrer chez un éditeur de jeux. Ce sont les éditeurs qui gagnent le plus d’argent, pas les joueurs !

En attendant, dites-lui qu’il peut jouer, mais modérément : maximum deux ou trois parties de 20 minutes chacune par jour en semaine pendant l’année scolaire. Un peu plus le week-end et pendant les vacances. Il est important de faire une pause entre les parties pour faire retomber l’excitation. Et plus un enfant passe de temps devant les écrans, moins ses résultats scolaires risquent d’être bons

Idéalement, pas d’écran après le dîner.

Que peuvent faire les parents ?

Si leurs enfants jouent sur des consoles de jeux (Nintendo Switch, Microsoft XBox ou Sony Playstation), les parents peuvent activer le contrôle parental de ces consoles pour limiter le temps que leurs enfants vont y passer.

Sur les ordinateurs Mac et Windows, il est possible de configurer des sessions qui offrent un accès global à l’ordinateur à tel ou tel enfant pendant une durée quotidienne limitée.

Sur les smartphones sous Android (Samsung…) et les versions les plus récentes d’iOS (iPhone), il est possible de limiter l’accès global au téléphone.

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  1. Twitch est une plateforme de streaming permettant de voir des parties de jeu vidéo en direct ou en différé. 
  2. Source pour tous les chiffres concernant la Fortnite World Cup : communiqué de presse Epic Games : https://www.epicgames.com/fortnite/fr/news/the-fortnite-world-cup-a-record-setting-tournament

Comment activer la fonction Temps d’écran sur l’iPhone de votre enfant

Le système d’exploitation des iPhones, iOS, proposait déjà une fonction permettant de filtrer les contenus visionnés par nos enfants sur leur smartphone Apple.

La version iOS 12, compatible avec les iPhones 5S, SE et au-delà, offre de nouvelles fonctionnalités permettant de :

  • limiter l’utilisation quotidienne de l’appareil
  • limiter l’utilisation quotidienne de certaines catégories d’applications, telles que les réseaux sociaux, les jeux…

Attention, certains petits malins ont vite compris comment contourner ces limites. Pour vous assurer qu’ils ne vous roulent pas dans la farine, vérifiez régulièrement l’heure et la date qu’affiche le smartphone de votre enfant. Si la date est en avance de plusieurs jours sur le calendrier, c’est qu’il a trouvé la parade… La confiscation de son appareil pendant 24 ou 48 h pourrait vous aider à lui faire passer l’envie de recommencer !

20 minutes pour protéger votre enfant des contenus pour adultes

Et si nous prenions 20 minutes pour protéger nos enfants des contenus pour adultes qu’ils peuvent voir sur leur téléphone, leur ordinateur ou leur tablette ?

L’exposition aux contenus pour adultes est très répandue chez les jeunes et commence de plus en plus tôt. Entre 14 et 17 ans, 18% des garçons consulteraient au moins une fois par semaine des contenus pour adultes, contre 12% des filles (1). Surtout, dans cette tranche d’âge-là, près d’un enfant sur dix (9%) regarderaient ces images une ou plusieurs fois par jour (2). Un dernier indicateur : 62% des jeunes adultes déclarent avoir vu leurs premiers films pour adultes avant 15 ans, dont 11% avant 11 ans (3) !
 
Les plus jeunes peuvent être traumatisés par ce type de contenus tandis que les garçons plus âgés peuvent prendre ce qu’ils voient dans ces films comme des modèles à atteindre en termes de performances et de pratiques. Ce qui peut influencer négativement sur la construction de leur propres vie amoureuse et sur leurs relations avec les jeunes femmes.
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(1) étude Ipsos sur les addictions, pour la Fondation pour l’innovation politique, la Fondation Gabriel Péri et le Fonds Actions Addictions, mars et avril 2018, http://www.fondapol.org/etude/les-addictions-chez-les-jeunes-14-24-ans-2
(2) idem
 
Pour voir les diapositives en grand, cliquez sur le symbole « Plein écran »
  qui apparaîtra en bas à droite du diaporama quand vous ferez passer le curseur de votre souris dessus.

Comment activer le filtrage des résultats inappropriés sur le moteur de recherche Google

Il existe plusieurs façons de protéger les enfants des contenus qui ne sont pas de leurs âges (pornographie, ultraviolence…) et qu’ils pourraient rencontrer en surfant sur Internet à partir d’un ordinateur (voir mes conseils pour sécuriser les smartphones et les tablettes de vos enfants) :

• utiliser le logiciel de contrôle parental  que votre FAI (Fournisseur d’Accès à Internet) met gratuitement à votre disposition ;

• utiliser les outils du système d’exploitation (Windows, Mac OS…) de votre ordinateur.

• et – c’est ce que je vous propose aujourd’hui, si vous avez de jeunes enfants – activer l’option de SafeSearch (recherche sécurisée) proposée par Google.

Une fois cette option activée, le moteur de recherche va filtrer, en amont, les résultats qu’il va proposer et rejeter les liens vers des sites pour adultes.

Pourquoi Google, et pas Bing, Qwant ou Yahoo!, qui proposent aussi cette option de recherche sécurisée ? 

Tout simplement parce que Google offre la possibilité de verrouiller cette option : une fois que vous avez activé SafeSearch, que vous l’avez verrouillé et que vous vous êtes déconnecté de votre compte Google, impossible pour votre enfant – sauf s’il connaît votre mot de passe Google – d’enlever cette sécurité.

Voici, en 8 clics, comment activer ce filtrage sur Google.

Cliquez sur ces images pour les agrandir.

 

Enfin, dès le CM2, malheureusement, certains enfants ont déjà entendu parler de sites Web proposant gratuitement des vidéos X. Ils n’ont pas besoin de passer par un moteur de recherche pour accéder à ces sites : ils tapent directement son adresse dans un navigateur et peuvent ensuite visionner des mini films qui ne sont pas de leur âge.

Voici comment, en 14 clics, paramétrer Google Chrome (ce navigateur, qui détient près de la moitié du marché en France – source : https://fr.statista.com/statistiques/469330/navigateurs-web-parts-de-marche-france/ – est aussi le seul, parmi ceux que j’ai pu testés, qui offre cette option et surtout la possibilité, là encore, de la verrouiller) pour qu’il bloque tout contenu pour adultes.

Cliquez sur ces images pour les agrandir.

 

Attention un adolescent un peu geek parviendra toujours à contourner ces protections, qui ne sont donc pas sures à 100%. La meilleure protection consiste encore à surveiller ce que fait votre enfant sur un ordinateur.

 

Copyright 2018 Jacques Henno – Toute reproduction interdite sans l’autorisation de l’auteur

Trop de sucre ? Trop de « Facebook » ? Trop de smartphone ?

Au début de cette nouvelle année, permettez-moi – il est encore temps – de vous présenter tous mes vœux de bonheur et de prospérité. Et de remercier tous ceux d’entre vous qui m’ont permis de donner près de 60 conférences l’an dernier.

2018 sera-t-elle marquée par la prise de conscience que nos enfants et nous-mêmes sommes devenus « dépendants » à notre smartphone et aux réseaux sociaux ?

Vendredi soir, j’ai accompagné notre fille voir le documentaire Sugar Land : le réalisateur y soutient que le sucre présent dans de nombreux produits de l’industrie agroalimentaire rend enfants et adultes « accros », avec des conséquences dramatiques sur la santé. Une assertion confortée par plusieurs études scientifiques[1].

Les smartphones et les réseaux sociaux nous rendent-ils tout aussi « dépendants » et ont-ils un impact tout aussi négatif sur la santé des adultes et des enfants ?

Il faut bien sûr être très prudent dans l’utilisation des termes « dépendants » et « accros », la notion d’addiction étant quelque chose de très complexe en médecine[2].

Voici cependant quelques faits :

• plusieurs études anglo-saxonnes s’inquiètent du temps que nous consacrons à ces outils : chaque jour, nous touchons en moyenne l’écran de notre smartphone 2 617 fois et nous y passons deux heures et 25 minutes[3] ! Et plus d’une fois sur quatre (27% des contacts avec l’appareil) nous touchons notre smartphone en lien avec une application appartenant à Facebook (Facebook, Messenger, Instagram ou WhatsApp). Dans 16% des cas, l’application appartient à Google (YouTube…).

• les propres chercheurs de Facebook reconnaissent qu’être passifs sur les réseaux sociaux a un impact négatif sur le moral[4]. D’autres scientifiques aboutissent à des résultats similaires même lorsque l’utilisateur est actif[5].

• outre-Atlantique plusieurs investisseurs s’inquiètent des conséquences que cette “tech addiction”, comme disent les Américains, pourraient avoir sur les enfants et, en cas de procès, sur… les finances de sociétés comme Apple[6]. Ils rappellent que « ce n’est […] un secret pour personne que les sites des médias sociaux et les applications pour lesquels l’iPhone et l’iPad constituent un point d’accès principal sont généralement conçus pour être aussi addictifs et chronophages que possible, comme plusieurs de leurs créateurs l’ont publiquement reconnu ». Ces actionnaires demandent à Apple de mettre au point de nouveaux outils permettant aux parents de mieux contrôler le smartphone de leurs enfants.

En attendant, que faire ?

• Montrer l’exemple ! Certains parents n’hésitent pas à installer un contrôle parental sur leur propre smartphone pour éviter d’y passer trop de temps et pour se rendre plus disponible auprès de leur famille.

• Donner un smartphone le plus tard possible à son enfant.

• Installer sur le smartphone de son enfant un logiciel de contrôle parental comme Kaspersky Safe Kids ou Norton Family (pour les appareils sous Android) ou Kidslox (pour les iPhone). Sans oublier, bien sûr, d’expliquer à votre enfant pourquoi vous faites cela.

• Désactiver toutes les notifications en provenance des réseaux sociaux.

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Très belle année avec vos enfants !

Bien cordialement,

Jacques Henno

[1] Voir, par exemple,  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23719144

[2] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23719144

[3] https://blog.dscout.com/mobile-touches

[4] https://newsroom.fb.com/news/2017/12/hard-questions-is-spending-time-on-social-media-bad-for-us/

[5] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28093386

[6] https://thinkdifferentlyaboutkids.com/

Interviewé par Le Figaro Magazine pour l’article « Peut-on débrancher nos enfants ? »

Guyonne de Montjou m’a interviewé, aux côtés d’autres spécialistes, pour le dossier qu’elle a réalisé, avec Vincent Jolly, dans Le Figaro Magazine du 20 octobre, sur le thème des enfants et des écrans : « Peut-on débrancher nos enfants ? »

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/10/20/01016-20171020ARTFIG00013-enfants-et-ecrans-peut-on-les-debrancher.php

(article payant)

Les ampoules LED sont-elles dangereuses pour les yeux des enfants ?

Les ampoules LED consomment peu, durent longtemps et procurent une forte lumière. Mais des travaux récents suggèrent l’existence d’effets sanitaires potentiels.

Une ampoule LED

Une ampoule LED

Les LED (Light Emitting Diodes ; en français : DEL pour diodes électroluminescentes) sont des composants optoélectroniques qui émettent de la lumière lorsqu’ils sont traversés par un courant électrique. Leurs applications sont extrêmement nombreuses (pour des écrans géants de très grande taille, par exemple), mais le grand public les connaît essentiellement à travers leur utilisation comme voyants lumineux sur des appareils électroménagers, dans les flashes des téléphones portables, comme ampoules domestiques, dans des lampes de poche, etc.

Les ampoules LED connaissent un grand succès, car elles ont la réputation de consommer peu d’électricité, de durer longtemps et de bien éclairer. Surtout, contrairement, aux ampoules fluorescentes, elles s’allument instantanément (on dit que leur « inertie lumineuse » est quasi nulle).

Mais plusieurs études suggèrent qu’elles peuvent présenter un risque pour les yeux des enfants.

D’abord, « parce que qu’elles ne diffusent pas une lumière ordinaire, mais une lumière bien plus riche en longueurs d’onde correspondant au bleu de celle du jour », explique l’Inserm (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) dans le numéro 26 de sa revue Science & Santé. Or, sans même parler de ses effets sur l’endormissement,  la lumière bleue est « reconnue pour ses effets néfastes et dangereux sur la rétine » expliquait déjà l’Anses (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail) en 2010.

En outre, « par unité de surface, une LED émet une quantité plus importante de lumière qu’un néon », poursuit l’Inserm.

Les récents travaux d’une équipe de l”Inserm permettent de mieux comprendre l’effet des LED sur les yeux. « Grâce à des analyses moléculaires effectuées sur des rats, ces chercheurs ont mis en évidence qu’une exposition à une source lumineuse issue de LED entraînait, au niveau de la rétine, un stress oxydant, responsable de dommages importants. On parle alors de toxicité rétinienne », affirme l’Inserm

En attendant qu’une norme adaptée aux LED voie le jour, l’Anses recommande, entre autres « d’éviter l’utilisation de sources de lumière émettant une forte lumière froide (lumière riche en couleur bleue) dans les lieux fréquentés par les enfants (maternités, crèches, écoles, lieux de loisirs, etc.) ou dans les objets qu’ils utilisent (jouets, afficheurs lumineux, consoles et manettes de jeu, veilleuses nocturnes, etc.). »


 

Le numéro 26 de la revue Science & Santé de l’Inserm est téléchargeable au format PDF en suivant ce lien :

http://www.inserm.fr/mediatheque/infr-grand-public/fichiers/science-sante/ss26_juillet_aout_2015

Le rapport de l’Anses est disponible au format PDF ici :

https://www.anses.fr/fr/system/files/AP2008sa0408.pdf

Qu’est-ce que le phishing et comment l’expliquer aux enfants ?

Le «phishing» est une expression anglaise qui a été traduite en français par « hameçonnage » : un hameçon est tendu à un enfant pour qu’il y morde et qu’il se retrouve sur un site ressemblant, par exemple, à celui de Facebook ; il est alors invité à donner son identifiant et son mot de passe. C’est une des techniques les plus utilisées pour pirater un compte.

Ainsi, l’enfant peut recevoir sur son profil Facebook un message semblant provenir d’un ami et l’invitant à visionner une vidéo un peu Olé Olé ; pour accéder à cette vidéo, l’élève est prié de renseigner à nouveau son identifiant et son mot de passe. En réalité, ce message a été envoyé par un pirate informatique : c’est un piège qui va permettre au hacker de récupérer les identifiants et les mots de passe des enfants.

Exemple de message semblant provenir d’un ami sur Facebook

L’enfant qui désire voir cette vidéo doit donner son identifiant Facebook et son mot de passe

S’il le fait, ces informations seront récupérées par un pirate informatique qui pourra alors accéder au compte Facebook de l’enfant, en changer le mot de passe et empêcher ainsi l’enfant d’accéder à nouveau à son compte.

Autre technique de phishing : l’élève va recevoir un courrier électronique semblant provenir des services de sécurité de Facebook, Twitter, etc, le mettant en garde justement contre un possible piratage de son compte et l’invitant à s’y connecter pour vérifier que tout va bien. Inquiet, votre garçon ou votre fille va se connecter sans plus réfléchir à son compte en cliquant sur le lien contenu dans cet email. Il va se retrouver sur une page ressemblant à la page d’accueil de Facebook ou Twitter, mais, en réalité, il va envoyer son identifiant et son mot de passe à un pirate !

Exemple de phishing, assez grossier, semblant provenir de Yahoo!



Troisième possibilité : l’email semble toujours provenir de Facebook, Twitter ou autre, mais invite à participer à un essai, promet que l’on va recevoir un cadeau ou contient une autre proposition alléchante. Là encore, pour bénéficier de cette offre, il faut se connecter à son compte en cliquant sur un lien : en réalité, ce lien renvoie vers un site pirate, en tout point identique à celui de Facebook ou de Twitter, et qui va permettre aux hackers de récupérer l’identifiant et le mot de passe de votre enfant.

Exemple d’email frauduleux invitant à se connecter à un site pirate (remarquez la faute de frappe dans la première phrase : camapgne ; de telles erreurs permettent parfois de repérer les opérations de phishing) :

« Cher (Chère) internaute,

Dans le cadre d’une camapgne de publicité à l’occasion du deuxième anniversaire du meilleur site internet de téléchargement de musique. Deezer offre un lecteur MP3 16 Go à toutes les personnes qui recevrons ce mail. Pour recevoir votre lecteur MP3 il vous suffit de nous communiquer les numéros de confirmation et votre adresse de livraison.
Cliquez ici.
L’équipe Deezer.
Deezer.fr©2009″

Comment éviter que votre enfant ne se fasse pirater son compte Facebook ou Twitter

Dans tous les établissements scolaires où j’interviens pour donner des conférences sur le bon usage des nouvelles technologies, une poignée d’élèves se fait, chaque année, pirater son compte sur un réseau social (Facebook, Twitter, Snapchat…) : quelqu’un a pris le contrôle du profil d’un élève et celui-ci ne peut plus y accéder ; pire, ce pirate se fait passer pour le propriétaire du compte et publie des messages ou des photos à sa place ; souvent, ces publications tournent en ridicule l’élève à qui appartient le compte.

Le piratage d’un compte doit donc toujours être pris très au sérieux, car il peut constituer le signe avant-coureur d’un cyberharcèlement.

Comment quelqu’un parvient-il à pirater le compte d’un élève ?

Pirater un compte peut se faire de deux façons : par opportunisme ou par phishing

• par opportunisme : le collégien ou le lycéen propriétaire du compte se rend chez un ami et se connecte à son profil Facebook, Twitter ou autre à partir de l’ordinateur de cet ami. En partant, il oublie de se déconnecter et l’ami en question n’a plus qu’à passer derrière lui pour prendre le contrôle de son compte. Ou le collégien/lycéen se connecte à son compte à partir d’un ordinateur « public » (mis à sa disposition dans un centre de loisirs, par exemple…), puis oublie de se déconnecter de Facebook ou de Twitter en quittant ce poste ; la personne qui utilise ensuite cet ordinateur peut prendre le contrôle de son compte.

• par phishing : on traduit «phishing» par « hameçonnage » ; on tend un hameçon à quelqu’un pour qu’il y morde, par exemple en le renvoyant vers un site qui ressemble à celui de Facebook et qui l’invite à donner son identifiant et son mot de passe. Pour plus de détails, lire « Qu’est-ce que le phishing ? »

• Comment se prémunir contre le piratage ?

Bien sûr, il faut absolument que votre enfant ait le réflexe de se déconnecter de son compte Facebook ou Twitter, lorsqu’il s’y est connecté à partir de l’ordinateur d’un ami ou à partir d’un ordinateur public.

Sur Facebook, il faut cliquer sur le triangle en haut à droite, puis, dans le menu qui apparaît, sur « Déconnexion »

Sur Twitter, il faut cliquer sur la roue dentée en haut à droite, puis dans le menu qui apparaît sur « Déconnexion »


Une autre précaution de base consiste, si l’on possède un téléphone portable, à activer sur son compte Facebook ou Twitter l’option « Approbation de connexion » ou «Double identification » : si vous vous connectez à votre profil à partir d’un appareil (ordinateur, téléphone portable, tablette…) que vous n’avez encore jamais utilisé pour naviguer sur Facebook ou Twitter, le système de sécurité du site va s’en apercevoir et va vous demander d’entrer un code supplémentaire que vous allez recevoir sur votre téléphone portable. Résultat ? Si un pirate a réussi, d’une façon ou d’une autre, à récupérer l’identifiant et le mot de passe de votre fils ou de votre fille, il va très certainement tenter de se connecter au compte de votre enfant, à partir d’un appareil qui appartient à ce hacker et que votre enfant n’aura donc jamais utilisé : du coup, le pirate ne va pas pouvoir se connecter au compte de l’élève, car il va se voir demander par Facebook ou Twitter un code supplémentaire que seul votre enfant recevra !

Comment activer cette option ?

Sur Facebook :

A partir d’un ordinateur : demandez à votre enfant de se connecter à son profil. Cliquez sur le triangle en haut à droite.





Cliquez sur « Paramètres »





Une nouvelle page apparaît, la page la plus importante de Facebook, celle à partir de laquelle on peut régler tous les paramètres de sécurité de son profil. Cliquez sur « Sécurité » dans la colonne de gauche.




Une nouvelle page apparaît. Si l’option « Approbation de connexion » n’a pas encore été activée, cliquez sur « Modifier ».




Cocher la case en face de «demander un code sécurité…», puis indiquez le numéro du téléphone sur lequel votre enfant recevra, sous forme de SMS,  le code d’identification supplémentaire qui lui sera demandé.



Cliquez sur « Bien démarrer »




Cliquez sur « Continuer » :




Cochez la case à côté de « Non merci », puis cliquez sur « Fermer »




Sur Twitter :

A partir d’un ordinateur : demandez à votre enfant de se rendre sur son compte, puis de cliquer sur la roue dentée en haut à droite



Un menu apparait ; cliquez sur « Paramètres »



Cliquez, dans la colonne de gauche, sur « Sécurité et confidentialité »



Cliquez, si votre enfant n’a pas encore donné son numéro de téléphone à Twitter, sur « ajouter un téléphone »




Indiquez son numéro de téléphone




Cliquez ensuite sur le bouton situé devant « Envoyer les demandes de vérification de connexion à mon téléphone »





Il est possible que votre opérateur de téléphonie mobile ne soit pas reconnu par Twitter. Dans ce cas, cliquez, dans la colonne de gauche, sur « Sécurité et confidentialité »



Dans le paragraphe « Réinitialisation du mot de passe », cochez la case située devant «Exiger des informations personnelles pour le réinitialiser ». Cela compliquera la tâche d’un pirate informatique qui aurait réussi à voler l’identifiant et le mot de passe de votre enfant et qui voudrait, pour empêcher votre fils ou votre fille d’accèder à son compte, en modifier le mot de passe.




Enfin, descendez tout en bas de la page et cliquez sur « Enregistrer les modifications »


Comment être certain que vous n’allez pas payer tous les mois sur Moviestar Planet ?

Votre fille de huit ans ou votre fils de dix ans viennent de s’inscrire sur Moviestar Planet ? Très vite, ils vont vouloir devenir VIP et, donc, vous demander de payer (de 5 euros pour une semaine à 69,95 euros pour un an).

Attention à ne pas cocher l’option «Paiement récurrent» ! Si vous cochez cette case, votre carte de paiement sera débitée chaque semaine, chaque mois ou chaque année du montant correspondant.
Voici comment vous assurez que vous n’allez pas payer plusieurs fois (vous pouvez cliquer sur les photos pour les agrandir).

Demandez à votre enfant de se connecter à son compte. En haut, à droite, cliquez sur la roue dentée (Paramètres).

Une nouvelle fenêtre apparaît. Cliquez sur « Mes Paiements ».

Vous arrivez sur une nouvelle page. Si en face de la ligne « Paiement récurrent »apparaît la mention « Non », tout va bien…