Category Archives: L’impact des publicités sur les enfants

Télé, ordi, jeux vidéo… : conseils pour les enfants du primaire

Je suis intervenu la semaine dernière à Modane (73), à la demande du CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) et de la mairie de cette ville, sur le thème du bon usage des écrans : le jeudi dans la journée devant tous les collégiens et, le soir, devant les parents, les enseignants et les éducateurs ; le vendredi matin devant tous les élèves du primaire.

Les écrans peuvent constituer de formidables « fenêtres sur le monde ». Mais peuvent aussi poser un certain nombre de problèmes. Il faut en avoir conscience pour pouvoir, dès que possible, entamer un dialogue constructif avec ses enfants et prendre quelques mesures préventives.

Plusieurs professeurs des écoles m’ont demandé de publier les conseils que j’ai proposés pour les enfants de CP, CE1, CE2, CM1 et CM2, afin de pouvoir ensuite transmettre cette liste aux parents. La voici :

• pas d’ordinateur, de console de jeux ou de télévision dans les chambres des enfants. L’écran, quel qu’il soit, doit être dans une pièce commune où les parents peuvent voir ce qui se passe et réguler l’utilisation par les enfants ;

• l’idéal, à cet âge, est moins d’une heure – si possible une demi-heure – d’écrans (ordinateur ou jeux vidéo ou télévision) au total par jour ; les enfants du primaire doivent jouer, faire du sport, lire, se promener…

• votre enfant dit qu’il s’ennuie et réclame de pouvoir regarder la télévision ? Laissez-le seul quelques minutes et vous aurez la bonne surprise de le voir faire fonctionner son imagination pour trouver une occupation…

• pas d’écran (ordinateur, jeux vidéo, télévision…) le matin avant l’école ou le soir après le dîner. Les enfants sont très sensibles à l’énergie qui se dégage des images (enchaînement rapide des séquences, bande sonore plus forte, dispute entre les personnages d’un dessin animé…), l’emmagasinent et se retrouvent excités au début des cours ou au moment de s’endormir.

• ne laissez pas seul un enfant devant un écran : on ne sait pas ce qui peut lui faire peur. Par exemple, une scène qui nous semble tout à fait banale dans un dessin animé peut lui rappeler un mauvais souvenir et provoquer une forte émotion chez lui. Si un adulte ne se trouve pas à proximité, l’enfant ne pourra pas évacuer ses sentiments par la parole.

• respecter les pictogrammes et le bon sens ! Le CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) a mis au point une classification pour indiquer si telle ou telle émission est visible par des enfants de tel ou tel âge. La classification PEGI propose des jeux vidéo adaptés à tel ou tel âge. Enfin, à titre personnel, j’estime que les enfants de moins de 11 ans ne disposent pas de la maturité intellectuelle et affective nécessaire pour regarder les journaux télévisés.

• prévenez vos enfants qu’ils peuvent rencontrer des contenus qui les mettront « mal à l’aise ». Que cela peut arriver à n’importe qui, que ce ne sera pas de leur faute et qu’ils ne doivent surtout pas hésiter à en parler à un adulte (parent, grand parent, enseignant…), là encore pour qu’ils puissent se libérer par la parole.

• enfin, n’oubliez pas de mettre en garde vos enfants contre la publicité. Par exemple, en les prévenant que « la publicité veut te faire croire que tu as besoin de cet objet pour être heureux, alors que ce n’est pas vrai. »

Ces conseils sont une synthèse des recommandations recueillies auprès des spécialistes (psychiatres, pédopsychiatres, sociologues, spécialistes des images…) interrogés lors de la rédaction de mes ouvrages consacrés à l’impact des écrans sur les enfants et parus aux éditions Télémaque :

Les enfants face aux écrans

Les 90 questions que tous les parents se posent : Internet, téléphone mobile, jeux vidéo

Copyright 2013 Jacques Henno – Toute reproduction interdite sans l’autorisation de l’auteur

Facebook va encore plus mélanger publicités des marques et actualités de nos amis

Dans mon livre Facebook et vos enfants – Guide pratique : les 45 questions à se poser, j’insiste sur le fait que «Facebook est […] un bel outil qui facilite l’échange d’informations entre les internautes du monde entier […] Mais il faut se garder de tout angélisme : Facebook n’est rien d’autre qu’une entreprise commerciale. Son objectif est de nous faire consommer toujours plus.»

Je ne peux que confirmer mon jugement au vu de ce qui a été annoncé hier, à New York, lors du symposium Facebook consacré au marketing et à la publicité : les marques qui disposent d’une page sur Facebook pourront – moyennant finance, bien évidemment – diffuser leurs messages dans le fil d’actualité de leurs fans.

Ces derniers, qu’ils se connectent à Facebook à partir d’un ordinateur ou d’un téléphone mobile, verront donc des messages commerciaux s’intercaler entre les actualités publiées par leurs amis sur Facebook.


Je crains que beaucoup de jeunes ne fassent pas la différence.

Rappelons-nous que beaucoup d’entre eux ont déjà énormément de mal à distinguer publicités et résultats de recherche sur Google : une étude Pew Internet rappelle que seul un internaute sur six saurait toujours, sur un moteur de recherche, séparer publicités et résultats de la recherche !

J’aimerais bien savoir combien de jeunes internautes seront capables de ne pas confondre, parmi tous les messages qui s’afficheront sur leur fil d’actualité, les nouvelles de leurs amis et les « nouvelles » des marques !

Le document présentant les nouvelles fonctionnalités publicitaires de Facebook est téléchargeable ici : http://ads.ak.facebook.com/ads/FacebookAds/Premium_Guide_2.29.12.pdf


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Interviewé par France Info sur le business des marques sur les réseaux sociaux

J’ai été interviewé par Céline Asselot, de France Info, sur l’utilisation des réseaux sociaux par les marques et la perception qu’en ont les enfants. Son reportage a été diffusé ce matin. Vous pouvez le réécouter en cliquant sur le lien ci-dessous :

http://www.franceinfo.fr/high-tech-internet/le-plus-france-info/le-business-des-marques-sur-les-reseaux-sociaux-472875-2011-12-15