20 minutes pour protéger votre enfant de la pornographie sur Internet

La rentrée est souvent l’occasion, pour les parents, de prendre de bonnes résolutions. Elle est aussi, pour beaucoup d’enfants, le moment où ils se voient offrir leur premier smartphone.
Et si, en cette rentrée, nous prenions 20 minutes pour protéger nos enfants de la pornographie qu’ils peuvent voir sur leur téléphone, leur ordinateur ou leur tablette ?

L’exposition au X est très répandue chez les jeunes et commence de plus en plus tôt. Entre 14 et 17 ans, 18% des garçons consulteraient au moins une fois par semaine des contenus pornographiques, contre 12% des filles (1). Surtout, dans cette tranche d’âge-là, près d’un enfant sur dix (9%) regarderaient ces images une ou plusieurs fois par jour (2). Un dernier indicateur : 62% des jeunes adultes déclarent avoir vu leurs premiers films pornographiques avant 15 ans, dont 11% avant 11 ans (3) !
Les plus jeunes peuvent être traumatisés par ce type de contenus tandis que les garçons plus âgés peuvent prendre ce qu’ils voient dans ces films comme des modèles à atteindre en termes de performances et de pratiques. Ce qui peut influencer négativement sur la construction de leur propres sexualité et sur leurs relations avec les jeunes femmes.
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(1) étude Ipsos sur les addictions, pour la Fondation pour l’innovation politique, la Fondation Gabriel Péri et le Fonds Actions Addictions, mars et avril 2018, http://www.fondapol.org/etude/les-addictions-chez-les-jeunes-14-24-ans-2
(2) idem

Écrans et connaissances : quelles valeurs ajoutées ?

De plus en plus d’établissements me demandent d’intervenir auprès de leurs enseignants pour les aider à engager une réflexion sur l’utilisation du numérique en classe et à la maison.

photo montage

RMN-Grand Palais

Vendredi 6 juillet, se tenaient, presqu’en même temps, au Grand Palais, à Paris, deux événements, auxquels j’ai eu la chance d’assister : d’abord (première photo), une conférence, donnée par une diplômée de l’école du Louvre, sur le thème  « Comment lire une peinture » ; puis (seconde photo), la visite en avant-première de l’exposition Art # Connexion permettant de « découvrir et expérimenter de nouveaux accès à l’art » à travers la réalité virtuelle ou augmentée, la projection immersive, les écrans tactiles, etc.

D’un côté, l’exposé d’une professionnelle, dotée d’un certain recul par rapport à son environnement, hérité de sa culture, de sa personnalité et de son expérience.

De l’autre, un accès à la connaissance médiatisé par des écrans et, derrière ces écrans, des interfaces et des bases de données, trop souvent focalisées sur les détails d’une œuvre.

D’un côté, une représentation unique, collective, pendant laquelle j’ai pris des notes que je pourrai relire, mais joyeuse, car ponctuée de pointes d’humour et d’improvisations, et enfin personnalisable, car tout auditeur pouvait, à la fin posait, des questions.

De l’autre, une expérience individuelle ou vécue à deux ou trois personnes, rejouable en théorie à l’infini, ludique, interactive en apparence mais, le plus souvent, extrêmement formatée. Impossible de poser une question ouverte à un écran !  Les machines nous imposent des parcours prédéfinis ; nous pouvons parcourir une œuvre, mais notre curiosité est contrainte : les détails sur lesquels nous pouvons obtenir plus d’informations sont peu nombreux et signalés par des repères sur lesquels nous devons cliquer.

Quel est le meilleur “intermédiaire” pour la transmission des connaissances ? Un être humain ou un écran ?

Une question que l’on me pose de plus en plus souvent, le numérique prenant de plus en plus de place dans les établissements d’enseignement français : recherche individuelle sur Internet, QCM en ligne, ENT (Espace Numérique de Travail), mur virtuel, groupe de travail par courrier électronique ou messagerie instantanée, travail à plusieurs et à distance sur un document électronique, tablette pour remplacer les livres scolaires…

De la recherche documentaire (voir les pistes de bibliographie ci-dessous) que j’ai effectuée et de mes échanges avec des parents, enseignants ou chefs d’établissement, il ressort :

A) que le numérique à l’école permet :

  • d’accompagner une pédagogie active
  • de stimuler la créativité
  • de faciliter la coopération entre les élèves
  • d’alléger, en théorie, le poids des cartables

B) mais que :

  • l’impact du numérique à l’école sur une éventuelle amélioration des connaissances reste toujours à prouver…
  • on n’a pas encore fait mieux qu’un manuel papier pour travailler à la maison. Certains établissements ayant distribué des tablettes demandent quand même à leurs élèves d’utiliser des livres papier…
  • les tablettes et les sites web utilisés permettent trop souvent à de grandes marques américaines de mettre un pied dans le monde de l’éducation et d’asseoir ainsi leur légitimité auprès des enfants
  • les enfants, du coup, accordent une trop grande confiance aux contenus numériques, mettant leur esprit critique en veilleuse par rapport à ces informations

C) que le numérique à la maison, même utilisé dans un but scolaire :

  • est très chronophage : le numérique offre une infinité de possibilités pour soigner la forme du travail à rendre, ce qui constitue un très bon alibi pour y consacrer beaucoup de temps, parfois au détriment du fond
  • constitue une source de distraction : une fois achevé le travail demandé par les enseignants, il est tentant pour un enfant de rester sur l’écran pour papillonner sur le Web, visionner des vidéos…
  • complique la tâche des parents qui doivent : 1 jongler entre plusieurs sources pour avoir une vue globale de tous les devoirs que doivent faire leurs enfants ; 2 gérer les écrans…

De plus en plus d’établissements me demandent donc d’intervenir auprès de leurs enseignants pour les aider à engager une réflexion sur l’utilisation du numérique en classe et à la maison (en plus de mes conférences auprès de leurs élèves pour les aider à comprendre les tentations que représentent les écrans et à apprendre à y résister ; et auprès des familles pour leur fournir des conseils pratiques sur la gestion des écrans).

Pistes bibliographiques :

 

 

 

 

Comment activer le filtrage des résultats inappropriés sur le moteur de recherche Google

Il existe plusieurs façons de protéger les enfants des contenus qui ne sont pas de leurs âges (pornographie, ultraviolence…) et qu’ils pourraient rencontrer en surfant sur Internet à partir d’un ordinateur (voir mes conseils pour sécuriser les smartphones et les tablettes de vos enfants) :

• utiliser le logiciel de contrôle parental  que votre FAI (Fournisseur d’Accès à Internet) met gratuitement à votre disposition ;

• utiliser les outils du système d’exploitation (Windows, Mac OS…) de votre ordinateur.

• et – c’est ce que je vous propose aujourd’hui, si vous avez de jeunes enfants – activer l’option de SafeSearch (recherche sécurisée) proposée par Google.

Une fois cette option activée, le moteur de recherche va filtrer, en amont, les résultats qu’il va proposer et rejeter les liens vers des sites pour adultes.

Pourquoi Google, et pas Bing, Qwant ou Yahoo!, qui proposent aussi cette option de recherche sécurisée ? 

Tout simplement parce que Google offre la possibilité de verrouiller cette option : une fois que vous avez activé SafeSearch, que vous l’avez verrouillé et que vous vous êtes déconnecté de votre compte Google, impossible pour votre enfant – sauf s’il connaît votre mot de passe Google – d’enlever cette sécurité.

Voici, en 8 clics, comment activer ce filtrage sur Google.

Cliquez sur ces images pour les agrandir.

 

Enfin, dès le CM2, malheureusement, certains enfants ont déjà entendu parler de sites Web proposant gratuitement des vidéos X. Ils n’ont pas besoin de passer par un moteur de recherche pour accéder à ces sites : ils tapent directement son adresse dans un navigateur et peuvent ensuite visionner des mini films qui ne sont pas de leur âge.

Voici comment, en 14 clics, paramétrer Google Chrome (ce navigateur, qui détient près de la moitié du marché en France – source : https://fr.statista.com/statistiques/469330/navigateurs-web-parts-de-marche-france/ – est aussi le seul, parmi ceux que j’ai pu testés, qui offre cette option et surtout la possibilité, là encore, de la verrouiller) pour qu’il bloque tout contenu pour adultes.

Cliquez sur ces images pour les agrandir.

 

Attention un adolescent un peu geek parviendra toujours à contourner ces protections, qui ne sont donc pas sures à 100%. La meilleure protection consiste encore à surveiller ce que fait votre enfant sur un ordinateur.

 

Copyright 2018 Jacques Henno – Toute reproduction interdite sans l’autorisation de l’auteur

Interviewé par le quotidien Sud-Ouest et France Bleu Gascogne sur les conseils à donner à nos enfants pour faire bon usage des écrans et des réseaux sociaux


Dans le cadre de ma venue à Dax, les 26, 27 et 28 février 2018,  j’ai été interviewé par le quotidien Sud-Ouest (édition de Mont-de-Marsan/Dax du 27 février 2018) sur les conseils à donner à nos enfants pour faire bon usage des écrans et des réseaux sociaux.

À lire sur : http://www.sudouest.fr/2018/02/27/les-parents-doivent-donner-l-exemple-4234656-3350.php

Et j’étais en direct (par téléphone) sur France Bleu Gascogne.

Vous pouvez réécouter cet interview sur http://radiofrance-podcast.net/podcast09/rss_16250.xml

Trop de sucre ? Trop de « Facebook » ? Trop de smartphone ?

Au début de cette nouvelle année, permettez-moi – il est encore temps – de vous présenter tous mes vœux de bonheur et de prospérité. Et de remercier tous ceux d’entre vous qui m’ont permis de donner près de 60 conférences l’an dernier.

2018 sera-t-elle marquée par la prise de conscience que nos enfants et nous-mêmes sommes devenus « dépendants » à notre smartphone et aux réseaux sociaux ?

Vendredi soir, j’ai accompagné notre fille voir le documentaire Sugar Land : le réalisateur y soutient que le sucre présent dans de nombreux produits de l’industrie agroalimentaire rend enfants et adultes « accros », avec des conséquences dramatiques sur la santé. Une assertion confortée par plusieurs études scientifiques[1].

Les smartphones et les réseaux sociaux nous rendent-ils tout aussi « dépendants » et ont-ils un impact tout aussi négatif sur la santé des adultes et des enfants ?

Il faut bien sûr être très prudent dans l’utilisation des termes « dépendants » et « accros », la notion d’addiction étant quelque chose de très complexe en médecine[2].

Voici cependant quelques faits :

• plusieurs études anglo-saxonnes s’inquiètent du temps que nous consacrons à ces outils : chaque jour, nous touchons en moyenne l’écran de notre smartphone 2 617 fois et nous y passons deux heures et 25 minutes[3] ! Et plus d’une fois sur quatre (27% des contacts avec l’appareil) nous touchons notre smartphone en lien avec une application appartenant à Facebook (Facebook, Messenger, Instagram ou WhatsApp). Dans 16% des cas, l’application appartient à Google (YouTube…).

• les propres chercheurs de Facebook reconnaissent qu’être passifs sur les réseaux sociaux a un impact négatif sur le moral[4]. D’autres scientifiques aboutissent à des résultats similaires même lorsque l’utilisateur est actif[5].

• outre-Atlantique plusieurs investisseurs s’inquiètent des conséquences que cette “tech addiction”, comme disent les Américains, pourraient avoir sur les enfants et, en cas de procès, sur… les finances de sociétés comme Apple[6]. Ils rappellent que « ce n’est […] un secret pour personne que les sites des médias sociaux et les applications pour lesquels l’iPhone et l’iPad constituent un point d’accès principal sont généralement conçus pour être aussi addictifs et chronophages que possible, comme plusieurs de leurs créateurs l’ont publiquement reconnu ». Ces actionnaires demandent à Apple de mettre au point de nouveaux outils permettant aux parents de mieux contrôler le smartphone de leurs enfants.

En attendant, que faire ?

• Montrer l’exemple ! Certains parents n’hésitent pas à installer un contrôle parental sur leur propre smartphone pour éviter d’y passer trop de temps et pour se rendre plus disponible auprès de leur famille.

• Donner un smartphone le plus tard possible à son enfant.

• Installer sur le smartphone de son enfant un logiciel de contrôle parental comme Kaspersky Safe Kids ou Norton Family (pour les appareils sous Android) ou Kidslox (pour les iPhone). Sans oublier, bien sûr, d’expliquer à votre enfant pourquoi vous faites cela.

• Désactiver toutes les notifications en provenance des réseaux sociaux.

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Très belle année avec vos enfants !

Bien cordialement,

Jacques Henno

[1] Voir, par exemple,  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23719144

[2] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23719144

[3] https://blog.dscout.com/mobile-touches

[4] https://newsroom.fb.com/news/2017/12/hard-questions-is-spending-time-on-social-media-bad-for-us/

[5] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28093386

[6] https://thinkdifferentlyaboutkids.com/

Trois vidéos pour comprendre l’impact des réseaux sociaux sur nos enfants

Les réseaux sociaux peuvent poser plusieurs problèmes aux enfants :

• les moins de 13 ans peuvent y être exposés à des commentaires qui peuvent les mettre mal à l’aise, voir les choquer ; ils vont prendre l’habitude d’y exposer toute leur vie et surtout, d’y passer beaucoup de temps, le modèle économique de ces réseaux reposant sur l’économie de l’attention ; 

• les adolescents risquent également d’y passer énormément de temps, d’avoir du mal à se concentrer pendant leurs devoirs lorsqu’ils seront dérangés par les notifications envoyées sur leur smartphone par ces réseaux sociaux et de faire sur ces réseaux des bêtises qui risquent de les poursuivre pendant leur vie de jeunes adultes

Il est donc souhaitable que les parents engagent un dialogue constructif avec leurs enfants souhaitant s’inscrire sur un réseau social, qu’ils leurs rappellent les principes de cette fameuse économie de l’attention (capter notre attention et donc notre temps pour nous exposer à de la publicité personnalisée en fonction des informations que ces réseaux collectent sur nous), leurs expliquent les règles de base pour bien protéger leurs données et… montrent l’exemple en ne passant pas trop de temps eux-mêmes sur ces réseaux.

Le 6 décembre 2017, l’émission La Maison des Maternelles m’a invité pour parler des problèmes que YouTube a pu poser  (il suffisait de commencer à taper dans la barre de recherche de Youtube « How to» pour se voir proposer un recherche à caractère pédophile, comme “how to have s*x with your kid” and “how to have s*x kids” ; commentaires à caractère pédophile sur des vidéos mettant en scène des enfants dans des situations de la vie de tous les jours ; vidéos montrant des enfants humiliés par leurs parents…), des réponses apportées à Google (dont YouTube est une filiale) et des conseils que je donne aux parents pour éviter que leurs enfants ne soient trop exposés sur les réseaux sociaux.

Une émission à revoir sur https://www.france.tv/france-5/la-maison-des-maternelles/saison-2/353503-mon-bebe-sur-les-reseaux-sociaux.html

Le 14 décembre 2017, j’étais invité à 8H15 sur BFM pour donner mon avis sur la proposition de loi du gouvernement français visant à obliger les enfants de moins de 16 ans à demander l’autorisation de leurs parents avant de s’inscrire sur un réseau social.

Vous pouvez revoir cette vidéo en suivant ce lien : http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/focus-premiere-reseaux-sociaux-bientot-une-autorisation-parentale-pour-les-moins-de-16-ans-1013959.html

J’ai rappelé que cette loi était en décalage avec la réalité vécue par les familles : pour des raisons propres à la législation étasunienne (loi COPPA : Children’s Online PrivacyProtection Rule) les réseaux sociaux d’origine américaine refusent l’accès aux enfants de moins de 13 ans mais beaucoup d’enfants mentent simplement sur leur âge pour s’inscrire.

Ces réseaux sociaux se contentent en effet de demander la date de naissance de leurs utilisateurs. Pour aller plus loin, il faudrait, par exemple, une carte d’identité électronique, comme il en existe en Belgique et en Estonie. Mais cette solution nécessite la possession d’un lecteur de cartes et peut poser des problèmes en termes de respect de la vie privée. Beaucoup de Belges, par exemple, ont renoncé à utiliser leur eID (carte d’identité électronique) sur des sites web commerciaux pour ces raisons. « L’application stricte de la législation en matière de protection de la vie privée est un frein potentiel à l’utilisation généralisée de l’eID. La carte n’est pas encore suffisamment utilisée ni connue malgré́ toute la promotion et la communication faites à son sujet », expliquait déjà en 2012 la Cour desComptes de Belgique.

Enfin, toujours le 14 décembre 2017, France 3 m’a invité dans son Grand Soir 3 pour faire le point sur tous les problèmes que les réseaux sociaux peuvent poser aux enfants : harcèlement, exposition à des commentaires déplacés, trop de temps passé devant les écrans, exploitation des données personnelles à des fins publicitaires… 

Une émission à revoir sur :  https://www.francetvinfo.fr/internet/reseaux-sociaux/les-reseaux-sociaux-sont-ils-dangereux-pour-les-enfants_2516183.html

Comment gérer l’accès à Internet via une Box

Des logiciels de contrôle parental permettent d’encadrer l’usage que font nos enfants de leur smartphone.

Mais de plus en plus de collégiens et de lycéens possèdent dans leur chambre un ordinateur connecté à Internet en Wifi.

La plupart des FAI (Fournisseurs d’Accès à Internet) proposent des Box disposant d’une interface permettant de bloquer l’accès au Wifi pour tel ou tel appareil entre telle et telle heure.

Vous retrouverez les instructions propres à chaque type de Box sur le site Internet de votre FAI.

Voici un pas-à-pas pour une Box Free Mini :

 

 

 

Interviewé par Le Figaro Magazine pour l’article « Peut-on débrancher nos enfants ? »

Guyonne de Montjou m’a interviewé, aux côtés d’autres spécialistes, pour le dossier qu’elle a réalisé, avec Vincent Jolly, dans Le Figaro Magazine du 20 octobre, sur le thème des enfants et des écrans : « Peut-on débrancher nos enfants ? »

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/10/20/01016-20171020ARTFIG00013-enfants-et-ecrans-peut-on-les-debrancher.php

(article payant)

Comment expliquer à un ado que passer trop de temps sur son smartphone est mauvais pour son sommeil, sa concentration et sa… liberté ?

Notre fils se rebelle contre le logiciel de contrôle parental que nous avons installé sur son téléphone. C’est l’occasion de discuter avec lui de l’impact des écrans sur son sommeil, du modèle économique de ses réseaux sociaux préférés et des méfaits de la pornographie.

Nous avons, ma femme et moi, trois enfants dont un adolescent de 15 ans et demi, à qui nous venons d’offrir, pour son entrée au lycée, un beau téléphone. C’est un modèle sorti il y a plus d’un an, mais comme tout smartphone c’est un véritable petit ordinateur connecté en permanence à Internet et à toutes ses tentations.

Comme sur son précédent appareil, nous avons installé un logiciel de contrôle parental qui nous permet d’interdire à notre fils l’accès à certains sites et de limiter le temps qu’il passe sur son écran.

Alors, bien sûr, à 15 ans, il rue dans les brancards, arguant qu’il en assez d’être ainsi « tenu en laisse » !

Paradoxalement, ces moments de contestation sont les bienvenus. Car ce sont autant d’occasion de dialoguer avec lui et de lui rappeler que :

• le smartphone est un outil extraordinaire, sans doute l’outil de communication le plus sophistiqué que l’humanité ait inventé jusqu’à présent et que c’est très bien qu’il s’en serve pour construire une partie de sa vie sociale.

Mais que :

• plus il regardera d’écrans dans la journée, plus il dormira mal.

« L’exposition prolongée, le soir, même à de très basse intensité (environ 20 lux pour un smartphone […]) dérègle l’horloge biologique », comme l’explique Claude Gronfier, de l’institut cellule souche et cerveau (Inserm) dans un article paru sur lejournal.cnrs.fr. et consacré aux Derniers mystères du sommeil. Sans parler des SMS reçus la nuit, qui rallument le téléphone et qui, semble-t-il, « ont de fortes chances de perturber l’horloge de sujets même endormis… »

• plus il dormira mal, plus il aura du mal à se concentrer en class, moins il retiendra facilement les démonstrations de ses enseignants et plus il devra travailler le soir pour apprendre ses cours !

• le modèle économique des réseaux sociaux qu’il utilise plusieurs fois par jour pour discuter avec ses camarades est basé sur la distraction, la “captation” de l’attention : plus ces applications lui envoient de notifications (les petites alertes qui apparaissent sur les smartphones même lorsque ceux-ci sont en veille), plus il va prendre son téléphone en mains, passer du temps sur ces réseaux sociaux qui vont en profiter pour lui afficher de la publicité et gagner ainsi de l’argent. Autrement dit, ces applications sont conçues dès le départ pour nous “accrocher” et réduire ainsi un peu notre liberté.

• le cerveau humain est tel que, habitué à avoir un smartphone à la main, si notre téléphone est posé sur notre bureau, même s’il ne vibre pas, même s’il n’y a pas d’appel ou de notification, machinalement, au bout d’un moment, nous allons nous en emparer pour voir s’il ne se passe pas quand même quelque chose dans nos mails, dans les news… (lire à ce sujet le livre de Jean-Philippe Lachaux Les Petites Bulles de l’Attention – Se concentrer dans un monde de distractions)

Nous rappelons à notre enfant que plus il passera de temps sur son smartphone, moins il en disposera pour se cultiver, développer sa curiosité en lisant des livres, la presse.

Il ne doit pas se replier sur son smartphone mais, au contraire, s’ouvrir sur le monde.

• la pornographie (mais aussi certaines séries télévisées très prisées par les adolescents dans lesquelles s’enchaînent les relations sexuelles) ne représente pas la réalité des sentiments amoureux.

Bien sûr notre enfant va mûrir et nous pourrons bientôt remplacer, par de simples messages d’avertissement, les blocages qui l’empêchent actuellement d’utiliser son smartphone en cas de dépassement de durée ou de tentative d’accès à des sites inappropriés ; puis, nous supprimerons définitivement ce contrôle parental.

Mais pour l’instant, il bénéficie encore, non pas d’une laisse, mais d’un filet de protection.