Interviewé par Le Figaro Magazine pour l’article « Peut-on débrancher nos enfants ? »

Guyonne de Montjou m’a interviewé, aux côtés d’autres spécialistes, pour le dossier qu’elle a réalisé, avec Vincent Jolly, dans Le Figaro Magazine du 20 octobre, sur le thème des enfants et des écrans : « Peut-on débrancher nos enfants ? »

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/10/20/01016-20171020ARTFIG00013-enfants-et-ecrans-peut-on-les-debrancher.php

(article payant)

Comment expliquer à un ado que passer trop de temps sur son smartphone est mauvais pour son sommeil, sa concentration et sa… liberté ?

Notre fils se rebelle contre le logiciel de contrôle parental que nous avons installé sur son téléphone. C’est l’occasion de discuter avec lui de l’impact des écrans sur son sommeil, du modèle économique de ses réseaux sociaux préférés et des méfaits de la pornographie.

Nous avons, ma femme et moi, trois enfants dont un adolescent de 15 ans et demi, à qui nous venons d’offrir, pour son entrée au lycée, un beau téléphone. C’est un modèle sorti il y a plus d’un an, mais comme tout smartphone c’est un véritable petit ordinateur connecté en permanence à Internet et à toutes ses tentations.

Comme sur son précédent appareil, nous avons installé un logiciel de contrôle parental qui nous permet d’interdire à notre fils l’accès à certains sites et de limiter le temps qu’il passe sur son écran.

Alors, bien sûr, à 15 ans, il rue dans les brancards, arguant qu’il en assez d’être ainsi « tenu en laisse » !

Paradoxalement, ces moments de contestation sont les bienvenus. Car ce sont autant d’occasion de dialoguer avec lui et de lui rappeler que :

• le smartphone est un outil extraordinaire, sans doute l’outil de communication le plus sophistiqué que l’humanité ait inventé jusqu’à présent et que c’est très bien qu’il s’en serve pour construire une partie de sa vie sociale.

Mais que :

• plus il regardera d’écrans dans la journée, plus il dormira mal.

« L’exposition prolongée, le soir, même à de très basse intensité (environ 20 lux pour un smartphone […]) dérègle l’horloge biologique », comme l’explique Claude Gronfier, de l’institut cellule souche et cerveau (Inserm) dans un article paru sur lejournal.cnrs.fr. et consacré aux Derniers mystères du sommeil. Sans parler des SMS reçus la nuit, qui rallument le téléphone et qui, semble-t-il, « ont de fortes chances de perturber l’horloge de sujets même endormis… »

• plus il dormira mal, plus il aura du mal à se concentrer en class, moins il retiendra facilement les démonstrations de ses enseignants et plus il devra travailler le soir pour apprendre ses cours !

• le modèle économique des réseaux sociaux qu’il utilise plusieurs fois par jour pour discuter avec ses camarades est basé sur la distraction, la “captation” de l’attention : plus ces applications lui envoient de notifications (les petites alertes qui apparaissent sur les smartphones même lorsque ceux-ci sont en veille), plus il va prendre son téléphone en mains, passer du temps sur ces réseaux sociaux qui vont en profiter pour lui afficher de la publicité et gagner ainsi de l’argent. Autrement dit, ces applications sont conçues dès le départ pour nous “accrocher” et réduire ainsi un peu notre liberté.

• le cerveau humain est tel que, habitué à avoir un smartphone à la main, si notre téléphone est posé sur notre bureau, même s’il ne vibre pas, même s’il n’y a pas d’appel ou de notification, machinalement, au bout d’un moment, nous allons nous en emparer pour voir s’il ne se passe pas quand même quelque chose dans nos mails, dans les news… (lire à ce sujet le livre de Jean-Philippe Lachaux Les Petites Bulles de l’Attention – Se concentrer dans un monde de distractions)

Nous rappelons à notre enfant que plus il passera de temps sur son smartphone, moins il en disposera pour se cultiver, développer sa curiosité en lisant des livres, la presse.

Il ne doit pas se replier sur son smartphone mais, au contraire, s’ouvrir sur le monde.

• la pornographie (mais aussi certaines séries télévisées très prisées par les adolescents dans lesquelles s’enchaînent les relations sexuelles) ne représente pas la réalité des sentiments amoureux.

Bien sûr notre enfant va mûrir et nous pourrons bientôt remplacer, par de simples messages d’avertissement, les blocages qui l’empêchent actuellement d’utiliser son smartphone en cas de dépassement de durée ou de tentative d’accès à des sites inappropriés ; puis, nous supprimerons définitivement ce contrôle parental.

Mais pour l’instant, il bénéficie encore, non pas d’une laisse, mais d’un filet de protection.

Invité cet après-midi sur CNews pour parler du téléphone portable et des enfants

Avec l’approche de la rentrée scolaire revient la question : « dois-je donner un téléphone à mon enfant ? »

Pour tenter d’y répondre, j’étais l’invité, cet après-midi, d’Isabelle Moreau, sur CNews :
• à quel âge peut-on donner un téléphone ou un smartphone à un enfant ?
• quel appareil lui donner ?
• comment gérer le téléphone portable à l’école ?
• comment contrôler l’usage que va faire mon enfant de son smartphone ?
• comment en parler avec lui ?

Les réseaux sociaux, de vrais amis ?

J’ai été interrogé par Céline Rapinat pour l’article qu’elle a consacré aux réseaux sociaux dans l’édition de juin 2017 du magazine Lyon Capitale : « Les réseaux sociaux, de vrais amis ? » (rubrique éducation).

« 77% des 13-19 ans sont inscrits sur Facebook, 57% sur Snapchat, 78% sur Instagram. Devenus incontournables, les réseaux sociaux permettent aux ados de rester en contact, d’échanger, d’assouvir leur curiosité… De fidèles « compagnons » qu’il faut pourtant utiliser avec précaution et modération. »*


J’explique : 

  • ce que sont les photos conversationnelles (les ados publient des photos sur les réseaux sociaux pour avoir un commentaire de la part de leurs amis), 
  • ce que les jeunes apprennent et expérimentent sur ces sites Web, 
  • pourquoi il est important d’expliquer aux jeunes le modèle économique de ces entreprises (la publicité personnalisée grâce à toutes les informations qu’ils donnent) afin qu’ils comprennent pourquoi elles vont tout faire pour qu’ils y passent un maximum de temps,
  • comment les aider à vérifier les informations que l’on trouve sur Facebook ou Twitter.


Enfin, je donne quelques pistes pour encadrer l’utilisation des smartphones par les adolescents, ainsi que quelques conseils pour bien paramétrer leur profil sur les réseaux sociaux.


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sources :  chiffres Facebook et SnapChat : étude Ipsos Bayard-Milan et Disney Hachette presse, réalisée en 2016 ; chiffre Instagram : étude Ipsos Connect réalisée en 2015

Comment activer le contrôle parental sur les consoles de jeux

Tous les jeux vidéo ne sont pas sans intérêt : la plupart des spécialistes s’accordent pour dire que certains jeux peuvent développer les réflexes, ainsi que le sens de l’orientation. Ils permettent aussi à certains adolescents de retrouver une confiance en soi et, paradoxalement, de développer des moments de convivialité (le jeu est un sujet de conversation ou l’occasion de retrouver dans « la vraie vie » d’autres joueurs rencontrés en ligne).

Mais cette pratique doit être fermement encadrée. Les parents doivent s’assurer que les jeux vidéos auxquels jouent leurs enfants sont bien de leur âge, au moyen de la classification Pegi.

Et ils doivent imposer des limites en termes de durée et de plages horaires (exemple : 30 minutes ou une heure le samedi et/ou le dimanche, mais jamais après le dîner…).

Si besoin, vous pouvez activer le contrôle parental sur les consoles de jeux.

Vous obtiendrez toutes les explications nécessaires en suivant ces liens :

Consoles Nintendo

 

 

 

Microsoft Xbox 360

Microsoft Xbox One 

 

 

 

Sony PS4

Sony PlayStation Vita

 

À quel âge donner un smartphone à un enfant ?

 À la suite de la conférence que j’ai donnée à Vertou (44), le mardi 28 mars 2017, sur le thème « Parents d’élèves des collèges de Vertou à l’heure du numérique », à l’invitation de la mairie de Vertou, en association avec les trois collèges de la ville et les parents d’élèves de ces établissements, je me suis exprimé dans le quotidien Ouest France du 5 avril : 

« Les questions que les parents me posent le plus souvent portent sur l’utilisation des téléphones portables et des réseaux sociaux : à quel âge peut-on leur donner un smartphone ? quels sont les principaux risques qu’ils courent sur les réseaux sociaux ?

Ces deux questions sont liées, car confier un smartphone, un téléphone intelligent qui permet de se connecter à Internet, à un enfant lui donne généralement automatiquement accès aux réseaux sociaux, sur lesquels il risque de passer énormément de temps. Ces réseaux sociaux vivent en effet de la publicité et vont donc tout faire pour ramener les enfants sur leurs sites et pour leur soustraire des informations personnelles qui leur serviront à cibler ces publicités.

L’âge auquel on peut donner un smartphone va donc dépendre de la maturité de l’enfant, de sa capacité à prendre du recul par rapport aux très nombreuses sollicitations des réseaux sociaux.

Vers 12/13 ans, il est possible d’avoir un dialogue constructif avec son enfant et de lui expliquer le modèle économique de ses réseaux sociaux préférés (Instagram, Snapchat, Musical.ly…) afin qu’il comprenne les nombreuses tentations dont il va faire l’objet.

Avant cet âge, je recommande de donner un simple téléphone aux enfants ou si les parents lui confient un smartphone d’y installer un logiciel de contrôle parental, comme Norton Family ou Kaspersky Safe Kids, qui permettra d’empêcher l’enfant d’aller sur les réseaux sociaux ou de contrôler le temps qu’il y passe. »

Interviewé ce matin dans l’émission La Maison des Maternelles sur France 5 : « Photos de ses enfants : les bons réflexes à avoir »

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Mardi 20 septembre 2016 : j’ai été interviewé ce matin par Agathe Lecaron et Benjamin Muller, dans le cadre de l’émission La Maison des Maternelles, sur France 5, pour rappeler les automatismes à avoir avant de prendre ses enfants en photo.

Le plus important est de donner à ses enfants un réflexe de propriété sur leurs photos.

Ils apprendront ainsi qu’une photo d’eux leur appartient.

Cela les aidera à dire « non » quand des personnes mal intentionnées leur demanderont un portrait d’eux ; ils n’hésiteront pas non plus à exiger le retrait d’un cliché dévalorisant, publié par des amis, par exemple, au cours d’une soirée.

Comment faire ? Les parents doivent demander à leurs propres enfants leur autorisation avant de les prendre en photo, leur montrer le cliché obtenu, leur demander s’ils sont d’accord pour le garder, pour le publier sur les réseaux, pour l’envoyer par mail à grand-mère…

Vous pouvez revoir cette émission et mon intervention (entre la 5ème minute et la 12 ème minute) en cliquant sur le lien suivant :

http://www.france5.fr/emissions/la-maison-des-maternelles/videos/replay_-_la_maison_des_maternelles_20-09-2016_1286525?onglet=tous&page=1

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Pour aller plus loin :
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« Bien utilisé, Facebook est un fabuleux outil de communication. Mais souvent enfants et adolescents y dévoilent trop d’informations. Voici un guide pratique pour accompagner vos enfants, préadolescents ou ados qui confient grands et petits secrets à Facebook, mais oublient que ce réseau social est avant tout une entreprise commerciale. Vous pouvez les aider à mieux gérer leur réputation sur Internet et le temps qu’ils passent devant leur écran, et surtout leur apprendre à devenir plus prudents. Répondez avec eux aux questions essentielles qu’il faut à tout prix se poser : Facebook, qu’est-ce que c’est ? Que peut-on y faire ? Un adolescent aujourd’hui peut-il s’en passer ? À quoi sert le bouton « j’aime» que l’on trouve sur de nombreux sites ? Quels sont les principaux dangers sur Facebook ? Qui a accès aux informations ? La police peut-elle les réquisitionner ? Peut-on vraiment effacer des informations publiées ? Comment être sûr que mes enfants ont bien paramètré leur profil… »

Un livre disponible sur :

https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782753301436-facebook-et-vos-enfants-guide-pratique-les-45-questions-a-se-poser-absolument-jacques-henno/

ou

https://www.amazon.fr/Facebook-vos-enfants-Jacques-Henno/dp/2753301433

Interviewé hier soir sur BFM : réseaux sociaux et djihadisme

Je suis intervenu sur BFM TV vendredi 29 juillet dans le journal de 22H pour parler du recrutement des djihadistes sur Internet et en particulier sur les réseaux sociaux.

Capture d’écran BFM 29 juillet 2016

Les réseaux sociaux sont utilisés par Daech pour recruter des terroristes et organiser des attentats. De plus, ces réseaux permettent aux terroristes de laisser une trace, après leur mort, de leurs sinistres « exploits » et d’accéder ainsi à une forme d’« éternité virtuelle ».

1 Pour le recrutement, les réseaux sociaux grand public (Facebook, Twitter…) servent de caisses de résonance à la propagande de l’organisation terroriste : « 125 000 comptes de terroristes ou d’affiliés concernant principalement Daech » ont été suspendus par Twitter entre le milieu de l’année 2015 et février 2016 (1).

Ces réseaux sociaux grand public enferment les jeunes fascinés par le djihadisme dans une spirale infernale, alimentée par un double phénomène :

  • un phénomène d’endogamie ou d’entonnoir : une fois qu’un jeune commence à faire des recherches sur le djihadisme, le réseau social va, à travers ses algorithmes de personnalisation des contenus, lui proposer de plus en plus de pages sur ce sujet ;

  • un phénomène d’entraînement : une fois qu’un jeune voit sur les réseaux sociaux qu’un autre jeune est passé à l’acte, cela peut lever ses inhibitions et l’aider à passer lui-même à l’acte.

2 Pour la planification et l’organisation des attentats, les terroristes et leurs commanditaires utilisent des messageries privées telles que Telegram.

3 Les réseaux sociaux ne constituent pas seulement une cause du passage à l’acte, mais semblent également représenter une raison de passer à l’acte : certains terroristes passent à l’acte, entre autres, dans l’espoir de voir leurs actes publiés sur les réseaux et de laisser ainsi une trace, autrement dit, d’accéder à une forme d’« éternité virtuelle ». Adel Kermiche, un des deux assassins du Père Jacques Hamel à Saint-Étienne-du-Rouvray (76) avait demandé à « tous ses frères et sœurs » qui le suivaient sur le réseau Telegram de partager sa page privée. Le 26 juillet, moins d’une heure avant de faire irruption dans l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray, il avait, dans un dernier message, invité  à « partager ce qui va suivre ». (2)

Que faire ?

Il semble que le gouvernement envisage, en dernier recours, de pouvoir bloquer tous les réseaux sociaux en France pendant un certain temps. C’est en tout cas ce que laisse entendre une des dispositions de l’état d’urgence. En effet « le ministre de l’intérieur peut prendre toute mesure pour assurer l’interruption de tout service de communication au public en ligne provoquant à la commission d’actes de terrorisme ou en faisant l’apologie. (3)» Ce qui, en théorie, permettrait au gouvernement de demander l’interruption en France de Facebook, Twitter ou Telegram, etc., pendant plusieurs jours, semaines ou mois…

Mais on peut aussi faire de la prévention. On peut par exemple, intervenir, comme je le fais,  devant les enfants et les adolescents pour les mettre en garde contre les discours de haine qui circulent sur Internet et les réseaux sociaux.

Pour aller plus loin :

Rapport parlementaire sur les moyens de Daech : http://www2.assemblee-nationale.fr/static/14/daech/rapport-daech-tome1.pdf

Article du magazine Wired : Why ISIS Is Winning the Social Media War : https://www.wired.com/2016/03/isis-winning-social-media-war-heres-beat/

Sources : 

À Evreux (27) le jeudi 1er décembre 2016 pour parler de « Réseaux sociaux : information, désinformation »

Le jeudi 1er décembre 2016, je serai à Evreux (27) pour intervenir, de 18H30 à 20H30, sur le thème « Réseaux sociaux : information, désinformation ».

Cette conférence, destinée aux adultes (parents, éducateurs, professionnels…), aura lieu à l’invitation de  l’UDAF de l’Eure (Union Départementale des Associations Familiales de l’Eure : www.udaf27.org)

18H30

1184 rue Jacquard, 27000 Évreux,

Voici le plan provisoire de cette intervention :

• c’est quoi une information ?

• entre information et désinformation la frontière est parfois ténue ; comment faire comprendre à des enfants que l’information et la désinformation sont toutes deux subjectives, mais que l’une veut nous aider, tandis que l’autre peut nous faire du mal, beaucoup de mal ?

• sur les réseaux sociaux, tout le monde peut participer à l’information et donc à la désinformation

• avec la surinformation (« l’infobésité »), on risque de ne plus prêter attention qu’aux informations qui se font remarquer et donc aux informations différentes

• le succès de l’« information spectacle »

• les risques d’endoctrinement

• les réseaux sociaux les plus à risque

• comment le conspirationnisme peut, sur Internet, être mis au service d’un processus de radicalisation

• le fonctionnement des réseaux sociaux : il ne s’agit pas d’outils neutres (« Un outil ne reflète que l’usage – bon ou mauvais – que l’on en fait », entend-on dire trop souvent au sujet des outils numériques), mais d’outils qui nous « manipulent »

• comment apprendre à faire attention pour ne pas colporter soi-même, d’un simple copier-coller ou d’un simple « transférer », de fausses informations ou des publications « bêtes et méchantes » …

• …