9.4.10

Facebook : petit guide pratique destiné aux parents

Facebook :

Attention aux images !

Petit guide pratique destiné aux parents

Par Jacques Henno, spécialiste des nouvelles technologies*

Bien utilisé, Facebook constitue un fabuleux outil de communication pour rester en contact avec ses amis ou sa famille. Mais les préadolescents et les adolescents présents sur ce réseau social y dévoilent trop d’informations. Leurs parents doivent les aider à devenir plus prudents…

Deux photos que Mark Zuckerberg (cerclé de rouge), le fondateur de Facebook, avait publiées sur son profil.


• Facebook, c’est quoi ?

C’est un réseau social utilisé par plus de 400 millions de personnes à travers le monde. Il permet d’échanger des nouvelles, des photos, des commentaires.

15 millions de Français y sont inscrits. Ils y publient chaque mois 130 millions de photos ! Les jeunes encore plus que les adultes. Pour deux raisons :

1 - prendre une photo numérique à partir de son téléphone portable, puis la transférer sur son ordinateur et la poster ensuite sur Facebook est très facile et donne l'illusion aux préadolescents et aux adolescents qu'ils maîtrisent les nouvelles technologies.

2 - ces photos servent de prétexte à des discussions avec leurs amis (les sociologues parlent de "photos conversationnelles"), même si ces échanges sont parfois limités ("j'aime", "je n'aime pas" ; sur Facebook, c'est encore plus simple : il suffit de cliquer sur le lien "J'aime").

Facebook a très bien compris cet engouement et met tout en œuvre pour "voler" les images de ses utilisateurs et les instrumentaliser. La fonction "Identifier cette photo" qui permet de "Cliquer sur le visage des personnes à marquer" pour montrer leur présence sur un cliché n'est que le début d'une stratégie à long terme. On peut imaginer que dans quelques mois, le contexte, dans lequel ces photos auront été réalisées, sera analysé et que Facebook utilisera cette information pour adresser des publicités personnalisées aux auteurs et aux personnes photographiées !

Il est donc urgent pour les parents d'apprendre aux enfants à maîtriser leurs images sur Facebook.

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• Que dois-je dire à mes enfants ?

Voici 6 messages-clés à faire passer :

1 - "Ton image, ça n'appartient qu'à toi !" Il faut apprendre aux enfants, dès qu'ils sont tout petits, à maîtriser leurs images. Nous adorons prendre nos enfants en photos et cela est bien normal. Mais lorsque nous le faisons, nous leur demandons rarement si la photo leur plaît et s'ils acceptent que nous la gardions. Dans l'idéal, il faudrait, dès qu'ils sont en âge de comprendre et de s'exprimer, leur montrer chaque photo numérique, leur demander si elle leur convient, s'ils acceptent que nous la conservions ou que nous l'envoyions à "grand-mère". Ainsi, - m'avait expliqué le psychiatre Serge Tisseron lorsque je l'avais interviewé pour préparer mon dernier livre Les 90 questions que tous les parents se posent : téléphone mobile, Internet, jeux vidéo… -, l'enfant fera l'acquisition d'un sentiment de propriété sur son image et apprendra éventuellement à refuser la diffusion de sa photo sur Internet. Devenu plus grand et inscrit sur Facebook (ou un autre réseau social), il n'hésitera pas à demander à ses copains de retirer les photos qu'ils auront prises et où il apparaîtra lui-même dans des situations dégradantes ou compromettantes.

2 - "La photo des autres, elle n'appartient qu'à eux". Les collégiens et les lycéens devant lesquels j'interviens savent parfaitement qu'un adulte n'a pas le droit de les prendre en photo, puis de publier cette image sur Internet sans l'accord écrit de leurs parents. Mais quand on leur demande s'ils ont demandé l'autorisation avant de publier un cliché de leurs copains mineurs sur leur blog ou sur Facebook, plus personne ne lève le doigt ! Un petit rappel de la loi n'est pas inutile. «Tu ne peux pas diffuser les photos de tes amis sans avoir obtenu leur autorisation et celle de leurs parents.»

3 - "Souviens-toi que Facebook est une entreprise commerciale dont l’objectif principal est de vendre de la publicité". Et pour vendre de la publicité, il faut une audience. Or, pour attirer du monde, il faut qu'il y ait des choses à voir sur Facebook. L'entreprise fait donc tout pour que les informations de notre profil soient visibles par le plus de monde possible…

4 - "Ton profil sur Facebook ne doit être accessible qu'à tes amis". Les dirigeants de ce réseau social sont très malins : ils peuvent affirmer haut et fort qu’ils font tout pour protéger la vie privée des internautes, puisqu’ils mettent à leur disposition les outils nécessaires. Mais ce qu’ils ne disent pas, c’est qu’ils ont mis en place une véritable usine à gaz : cinq pages de paramétrages, avec, à chaque fois, jusqu’à 12 options à cliquer ! Voici le minimum à faire.

Cliquer, en haut à droite de son profil, sur l’onglet “Compte”, puis sur le lien “Paramètres de confidentialité”.

Une nouvelle page apparaît, proposant cinq rubriques. Il faut toutes les paramétrer, en suivant ces recommandations :


Paramètres de confidentialité > Informations du profil



Paramètres de confidentialité > Coordonnées :


Paramètres de confidentialité > Applications et sites Web :



Paramètres de confidentialité > Applications et sites Web > Ce que vos amis peuvent partager à propos de vous dans des applications et sur des sites Web



Paramètres de confidentialité > Recherche :


Surtout, ne pas cocher cette case qui autorise les moteurs de recherche à indexer (et donc à archiver) les informations publiées sur Facebook.

5 - "Ne fais pas confiance à Facebook". Le 9 décembre dernier, le site a brusquement changé les règles du jeu en modifiant les paramètres par défaut qui protégeaient la confidentialité des informations (adresse, date de naissance, liste d'amis, photos, vidéos…) que nous publions sur ce réseau social. L'entreprise a bien envoyé un message à tous ses utilisateurs leur demandant de mettre à jour leurs paramètres, mais qui l'a fait ? Comme l'a révélé le site américain Gawker-ValleyWag, même Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, s'est fait avoir. Quelque 300 de ses photos jusqu'alors réservées à ses amis sont soudain devenues accessibles à tout le monde (voir photos sur la première page). Si Mark Zuckerberg lui-même s’est fait piéger, vous pensez bien que beaucoup de petits Français l’ont également été ! Il faut régulièrement vérifier le paramétrage de son compte.

6 - “N’oublie jamais que les recruteurs consultent Facebook”. Dans quelques années, nos adolescents auront fini leurs études et chercheront un emploi. Or, avant de faire passer un entretien, les chefs d’entreprises et les consultants en recrutement effectuent des recherches sur Internet. Mieux ne vaut pas avoir laissé sur préadolescents de photos de soi compromettantes. Selon une étude commandée par Microsoft, en décembre 2009, 14 % des responsables Ressources Humaines interrogés en France ont déjà écarté un candidat à cause de sa réputation en ligne.

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• Quelles précautions dois-je prendre ?

De temps en temps, tapez le nom de votre enfant sur Google ou un autre moteur de recherche. Tant que vous ne trouvez pas, parmi les résultats, le profil Facebook de votre enfant, c’est que celui-ci n’est pas inscrit sur ce réseau social ou qu’il a correctement paramétré son compte. Tout va bien !

Enfin, n’oubliez pas que Facebook est interdit aux enfants de moins de 13 ans, car ils pourraient y être approchés par des adultes “mal intentionnés”, en clair des pédophiles.



* Jacques Henno est journaliste indépendant (www.henno.com), auteur et conférencier. Son dernier ouvrage, paru aux Editions Télémaque, s’intitule Les 90 questions que tous les parents se posent : téléphone mobile, Internet, jeux vidéo… (www.nosenfants.fr). Il intervient régulièrement dans les écoles, les collèges et les lycées pour donner des conseils aux parents et aux mineurs sur les bons usages des nouvelles technologies (www.lesconfs.net).

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2.2.10

Invité samedi à une table-ronde sur les images dans le cadre des Rencontres Internationales du cinéma de patrimoine de Vincennes

Lionel Tardif, délégué général des Rencontres Internationales du cinéma de patrimoine de Vincennes m'avait invité à participer samedi dernier, 30 janvier, à une table-ronde consacrée à "La violence des images dans l'audiovisuel : quel impact sur les jeunes ?" aux côtés de Fanny Abadi, psychothérapeute, directrice du Centre International d'Ethique de Montpellier, Didier Martiny, cinéaste, lauréat du Prix Henri Langlois, Nacer Khermir, cinéaste, lauréat du Prix Henri Langlois et Salim Mokkaddem, professeur agrégé de philosophie. Les débats étaient animés par Abderrahim Hafidi, producteur et journaliste, un des co-présentateurs et producteur délégué de l'émission Islam de France 2 diffusée tous les dimanches matin.

28.1.10

Photos intimes sur le Net : le dangereux déballage des ados

Les adolescents s’échangent de plus en plus de photos osées, voire dégradantes, sur Internet ou sur leurs téléphones portables. Comment éviter de tels dérapages ? Nos conseils aux parents.

Internet et le téléphone mobile constituent de formidables outils de communication, dont nos enfants ne doivent pas être privés. Ils présentent cependant des dangers. Parmi ces risques, la diffusion de photos et de vidéos plus ou moins compromettantes prend de l’ampleur. Lire la suite…

(article de Jacques Henno publié dans Famille Chrétienne le 5 décembre 2009)

25.1.10

Lorsque l'historique du navigateur Internet trahit les parents

Extrait de la conférence que j'ai donnée le samedi 28 novembre dernier à la médiathèque de Lucé (près de Chartres - Eure-et-Loir) sur le thème des enfants et des nouvelles technologies.

La médiathèque de Lucé a eu la gentillesse de me faire parvenir l'enregistrement vidéo de mon intervention. Dans cet extrait, j'explique pourquoi les parents ont le droit d'aller, de temps en temps, jeter, discrètement, un coup d'œil sur l'historique du navigateur ou de l'ordinateur utilisés par leurs enfants. Il ne s'agit pas de "fliquer" sa descendance, mais de la protéger : "Confiance ne signifie pas absence de contrôle". J'explique également quelle attitude adopter si l'on s'aperçoit que l'historique a été effacé. Inutile de sortir immédiatement l'artillerie lourde et d'exiger sur le champ des explications de vos adolescents… Ces derniers ont le droit de ne pas vouloir vous parler tout de suite d'un sujet qui les préoccupe. Les brusquer serait même contre-productif…

Surtout, ce chapitre sur l'historique constitue pour moi un prétexte pour parler d'un cas - de plus en plus fréquent - d'exposition des jeunes à des contenus inappropriés. En effet, l'historique marche dans les deux sens : beaucoup d'adolescents s'amusent à aller voir l'historique de leurs parents et en particulier de leurs pères. Et quand ils s'aperçoivent que leurs chers papas surfent sur des sites X, ils rient, invitent parfois leurs copains à venir voir les pages Web consultées par leur paternel, mais, au fond d'eux, ils en souffrent…

Je ne porte pas ici de jugement moral sur la pornographie : tout adulte est libre d'employer ses loisirs comme il le souhaite. Là n'est pas le problème. Ce qui me préoccupe est l'exposition des mineurs à la pornographie (rappelons qu'elle est interdite en France*). Les adultes qui se rendent sur ce genre de contenus doivent y penser et prendre la précaution d'effacer leurs traces.**

Ne nous y trompons pas : ce problème concerne tous les milieux sociaux. J'ai pu vérifier l'histoire suivante : un énarque, haut fonctionnaire dans un ministère parisien, avait ramené son ordinateur portable professionnel chez lui pour visionner de la pornographie. Son fils de 15 ans est passé derrière lui, a découvert le pot aux roses et a rameuté ses amis pour une bonne partie de rigolade. Mais au-delà du rire, bonjour l'image que ce père possède désormais auprès de son garçon ! Le pire est que l'histoire ne s'arrête pas là : notre énarque a rapporté son portable au bureau et a infesté tous les autres ordinateurs de son département. Un informaticien du ministère a dû travailler pendant plusieurs jours pour nettoyer tout cela. Notre haut fonctionnaire est ainsi devenu la risée de son service !

*«Le fait soit de fabriquer, de transporter, de diffuser par quelque moyen que ce soit et quel qu'en soit le support un message à caractère violent ou pornographique ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine, soit de faire commerce d'un tel message, est puni de trois ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende lorsque ce message est susceptible d'être vu ou perçu par un mineur», dispose l’article 227-24 du code pénal.

** Lorsque l'option "navigation privée" proposée par les navigateurs Firefox, Google Chrome, Internet Explorer et Safari est activée, aucune trace n'est conservée sur l'ordinateur.

(extrait diffusé ici avec l'aimable autorisation de la médiathèque de Lucé)

21.11.09

Invité vendredi 20 novembre de l'émission Y'a une solution à tout sur Direct 8


Vendredi 20 novembre 2009, j'ai été invité, aux côtés, entre autres, de Christian Gauttelier, vice-président du CIEM (Collectif Interassociatif Enfance et Média) et de Françoise Laborde, membre du CSA (Conseil Supérieur de l'Audiovisuel), par Y'a une solution à tout, animée sur Direct 8 par Evelyne Thomas… Le thème de l'émission était : Sexe et Violence à la Télé : Comment Protéger ses Enfants ?


Parmi les conseils que j'ai donnés pour un bon usage de la télévision chez les jeunes :

• éviter la télévision au maximum (il vaut mieux que l'enfant s'ennuie et fasse travailler son imagination) ;

• installer les écrans (télévision, ordinateur, jeux vidéo…) dans le salon ou une autre pièce commune placée sous la surveillance des parents (surtout pas de télévision dans les chambres) ;

• ne pas laisser des enfants de moins de cinq ans seuls devant un écran (car on ne sait ce qui peut leur faire peur) ;

• pas de télévision le matin avant de partir à l'école (pour que l'enfant n'arrive pas "déconcentré" en classe) ;

• pas de journaux télévisés pour les moins de 11 ans (ce sont des images qui ne laissent pas de place à l'interprétation, à l'imagination…) ;

• encadrer l'utilisation de la télévision (par exemple, un dessin animé par jour pour les moins de neuf ans) afin que cette «merveilleuse fenêtre sur le monde» demeure une activité comme une autre, au même titre que la lecture, les sorties en famille, les copains…

• enfin, respecter la "loi du plus petit" : les émissions regardées en famille doivent pouvoir être vues par le plus jeune des enfants présents à ce moment-là.


15.10.09

Ce que pense la revue des Centres de Documentation et d'Information de mon livre "Les 90 questions que tous les parents se posent"



Inter CDI, la revue des centres de documentation et d’information (CDI) de l’enseignement secondaire public, privé et agricole en France, a consacré dans son numéro de septembre-octobre 2009 un long article à mon livre "Les 90 questions que tous les parents se posent : téléphone mobile, Internet, jeux vidéo…".


«Dans cet ouvrage, Jacques Henno, journaliste spécialiste des nouvelles technologies et père de famille, répond de façon pertinente aux questions les plus diverses que les parents et les professionnels de l'éducation se posent au sujet d'Internet, du téléphone mobile, des jeux vidéo et des mondes virtuels. Aidé de nombreux professionnels, il propose sans tabou ni prosélytisme des solutions, des conseils éducatifs et pratiques, des astuces, des adresses utiles pour tous ceux qui veulent que les enfants tirent le meilleur parti de ces fabuleux outils.

L'objectif de l'ouvrage est de donner aux lecteurs les compétences et le vocabulaire pour « dialoguer d'égal a égal avec les enfants » et « garder le contrôle ». Véritable guide pratique foisonnant d'adresses, de références et d'idées de démarches, l'ouvrage ne nie pas les dangers et les limites de ces nouveaux totems adolescents, mais il permet de s'en approcher pour en faire un usage raisonné, constructif et éducatif. Le propos n'est pas d'effrayer, mais de garder à l'esprit les valeurs éducatives les plus à même de respecter la santé et l'imaginaire des enfants.»

8.10.09

Interview dans Direct Soir

J'ai été interviewé hier par le quotidien Direct Soir qui consacrait sa "une" aux dangers d'Internet. Vous pouvez retrouver cet entretien en téléchargeant l'édition 618 du mercredi 7 octobre 2009 sur le site de Direct Soir : http://directsoir.directmedia.fr/v1/Pages-Presse/Archives-Telechargement.aspx